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Pays de Caux. À Bretteville, on façonne la pomme de terre du futur

Agriculture. L'une des quatre stations de recherche françaises sur la pomme de terre se situe près de Goderville, dans le pays de Caux.

Pays de Caux. À Bretteville, on façonne la pomme de terre du futur
Neuf personnes, dont Clément Mabire, travaillent à la station de Bretteville, qui teste chaque année 85 000 graines.

Au départ, elles sont 85 000, à la fin il n'en restera que deux ou trois. Comme dans les castings de téléréalité, le Comité Nord sélectionne la meilleure candidate parmi des milliers de possibilités. Cette station de recherche, basée depuis 40 ans à Bretteville-du-Grand-Caux, est l'une des quatre spécialisées dans la pomme de terre en France. Plus précisément dans la création variétale.

La sécheresse ? "Une aubaine"

"Pour élaborer une nouvelle variété, du croisement de graines en serre à l'inscription au catalogue, il faut dix ans" détaille Clément Mabire, responsable scientifique de cette structure privée, dont le capital est abondé par 450 producteurs de plants du nord de la France. Tout commence sur le papier, avec un idéotype, c'est-à-dire la pomme de terre idéale : résistante aux maladies et aux ravageurs, à la chaleur, peu gourmande en eau, qui se conserve bien et longtemps, et surtout belle et bonne à manger. Pour dégoter un tubercule exceptionnel, de nombreuses étapes sont nécessaires. "Au départ, on élimine. Ensuite, on sélectionne", note Clément Mabire. Après la serre, les candidates potentielles sont plantées en plein champ et testées sur de nombreux critères, à Bretteville mais aussi sur d'autres bassins de production en France (Beauce, Picardie, Flandres…) et à l'étranger (Espagne, Portugal, Allemagne). Outre les aspects visuels des plants et leur rendement, les tubercules sont aussi évalués sur des "qualités technologiques" : goût, délitement après cuisson, coloration ou encore "fritabilité" et "chipabilité", pour savoir s'ils feront de bonnes frites et chips. "Il y a aussi la résistance aux pathogènes, dont le mildiou, la gale, le virus Y…" En parallèle, une identification ADN permet d'évaluer la potentielle résistance des différents clones.

Depuis 1982, les critères de recherche ont évolué. "Autrefois, on regardait d'abord le rendement, les qualités culinaires. Aujourd'hui, on les a, mais il y a d'autres contraintes, comme les interdictions de produits phytosanitaires ou l'évolution du climat." Depuis trois ans, le Comité Nord évalue précisément la tolérance au stress hydrique, sur une parcelle de l'Oise, où des tubercules sont irrigués et d'autres non. "Cette année de sécheresse est une aubaine. Cela permet de sortir nos clones de leur zone de confort et d'évaluer très précisément leur rendement", poursuit Clément Mabire. "Il n'y a pas de variété miracle, rappelle le scientifique. À nous d'être au maximum visionnaires sur les problématiques futures." Pour cela, la station de recherche doit rester à l'écoute des moindres signaux faibles sur les exploitations. "Ce que l'on appelle les bruits de la plaine. Les retours des producteurs sont précieux."

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