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Football (National 2). David Giguel : "On est des pions qu'on trimballe"

Football. David Giguel, l'entraîneur du FC Rouen, ne mâche pas ses mots à la suite de l'annulation de la reprise du championnat. 

Football (National 2). David Giguel : "On est des pions qu'on trimballe"
Les joueurs du FC Rouen ne reprendront finalement pas le championnat de N2. L'entraîneur David Giguel est en colère. - Twitter FCR

Quel est votre sentiment quant à la décision prise par le gouvernement et la FFF ?

On est autant frustrés qu'on était contents de reprendre. On a surtout l'impression d'être pris pour des pions. Il y a quand même le côté humain à l'intérieur de cette histoire qui est fortement négligé. Quand on te dit, il y a quinze jours, "on va reprendre" et que ça crée un enthousiaste et que les joueurs, le staff, le public, tout le monde y croit, et qu'a J-3, on t'annonce que c'est fini, que tu ne joueras plus et que la saison est pratiquement morte. Voilà, on ne comprend pas. On a été pris pour des marionnettes, pour des c…

Selon vous, ce changement radical en 15 jours est infondé ?

On ne sait pas si c'est le ministère des Sports qui a décidé subitement, si c'est un revirement de situation ou si c'est la FFF qui n'a pas su bien nous défendre. Logiquement, on est un championnat qui, d'après les décrets ministériels, devrait être reconnu comme championnat professionnel. Finalement, on nous considère comme un championnat amateur, alors qu'on a, dans chaque club, entre 15 et 20 contrats de travail. C'est l'ambiguïté du championnat National 2. Je pense qu'on aurait pu être mieux défendus que ça. La vraie solution aurait été qu'on continue de jouer, comme la Ligue 1, comme la Ligue 2 et comme le championnat National. Mis à part deux ou trois clubs régionaux, il n'y a que des clubs qui ont le même statut que les clubs de Ligue 2.

Difficile de se projeter et de trouver des objectifs de carrière…

On nous empêche de faire notre métier. Aujourd'hui, on a mis un couvre-feu le week-end dans le Pas-de-Calais, mais on n'a pas empêché les commerciaux d'aller travailler samedi, par exemple. C'est ce que la FFF a du mal à comprendre. Pourtant, on est tous affiliés à cette fédération. Les clubs de N2 sont des structures qui fonctionnent comme des structures professionnelles, avec des salariés administratifs, des staffs qui sont à plein temps. Nous, les joueurs et le staff, ça fait deux années où l'on perd du temps. Parce que c'est deux ans sans qu'on puisse montrer nos compétences, avoir de la compétition, et sans qu'on puisse avoir de classement à la fin. C'est deux années complètement blanches.

Comment les joueurs ont-ils pris la nouvelle ?

Ils étaient dépités. Si j'avais eu 25 cordes, ils se seraient tous pendus. C'est compliqué. Il faut se mettre à leur place. L'année dernière, déjà, on les a stoppés dans leur élan, mais tout le foot était arrêté, donc c'était plus compréhensible. La, on s'arrête en octobre, on nous fait revenir pour la Coupe de France, en nous disant que si tout est d'accord d'un point de vue sanitaire, si on nous fait passer des tests PCR régulièrement, le championnat de N2 pourra reprendre. Et tout tombe à l'eau. Les mecs ne savent plus où donner de la tête. On est en train de dire que socialement, la Covid fera peut-être plus de morts qu'il peut y avoir via la maladie elle-même. Ça, c'est l'exemple type. On ne peut pas trimballer les gens comme ça. Psychologiquement, c'est très compliqué.

Une lettre ouverte a été adressée à la FFF, est-ce que le FC Rouen fait partie des signataires ?

Il faudra poser la question au président. Je sais que le président a été parmi les premiers frondeurs à manifester son mécontentement avec ceux de Fleury et Saint-Malo. Ils ont été les premiers à démontrer que le championnat de National 2 pouvait être considéré comme un championnat professionnel, d'après les textes ministériels.

Après tous ces rebondissements, comment voyez-vous l'avenir ?

La problématique, aujourd'hui, est qu'ils n'ont même pas communiqué sur ou une saison blanche ou une date de reprise. Le Graët a simplement dit : "Je prends note de la décision du ministère." Encore une fois, on nous laisse dans l'incertitude. Si encore, on nous disait, "c'est terminé, malheureusement le ministère ne veut pas… ", à la limite, on accepterait. Mais là, il est possible que dans trois semaines, ils nous disent "vous reprenez", et c'est la pire des choses.

Personne n'est capable de dire les choses clairement et tout le monde se renvoie la balle finalement…

C'est exactement ça ! Mais je crois qu'il y a bientôt des élections au sein de la Fédération et je pense que ça y est pour quelque chose. Cela a certainement une incidence sur la prise de position du président. Peut-être qu'une fois ces élections passées, il y aura une décision définitive de prise. Mais encore une fois, nous, on est au milieu de tout ça et on est des pions qu'on trimballe sans tenir compte de l'aspect humain et psychologique.

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