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Rouen. Les hébergements paient la facture

Tourisme. L'absence de vacanciers de passage provoque une baisse de clientèle chez de nombreux professionnels de la filière.

Rouen. Les hébergements paient la facture
Entre un départ et une arrivée, Marie Buissin reste bien occupée avec la gestion de son gîte. Mais les semaines à venir restent hasardeuses, avec des réservations qui se font à la dernière minute.

"Un lapin ? Pas de problème, nous accueillons régulièrement des animaux et il y a déjà eu des lapins." Le sourire aux lèvres, Marie Boissin coupe son téléphone portable. Pour cette grande optimiste, c'est sûr, "c'est une réservation qui va s'ajouter pour la fin du mois de février". Une chose inhabituelle pour cette propriétaire d'une ancienne écurie transformée en gîte, à Saint-Pierre-de-Manneville, aux portes de l'agglo rouennaise. "D'habitude, en février, tout le mois est plein avec les vacances. Cette année, c'est un petit peu plus compliqué. Les réservations se font plus tard et toutes les semaines ne sont pas remplies", illustre-t-elle, calendrier à l'appui. Pourtant, avec un taux d'occupation de 70 %, contre 80 habituellement depuis l'ouverture en 2013, elle ne s'estime pas trop à plaindre.

Le gîte de Marie cacherait-il une forêt de calendriers vides et de désistements ? Peut-être, à en croire les données fournies par l'organisme Gîte de France. En Seine-Maritime, pour les vacances de février, le taux d'occupation est seulement de 24 %, bien loin des 31 % habituels. Les environs de Rouen, eux, se portent à peine mieux, avec une moyenne de 35 %.

"Il manque la vie"

À cause de l'incertitude de la population, suspendue chaque semaine aux annonces de restriction du gouvernement, les autres hébergements de touristes ne se portent pas mieux. En face de la gare de Rouen, le hall de l'Hôtel de Dieppe reste tristement vide en cet après-midi de semaine. "On est inquiets, il faut le dire, concède Julien Marchal-Guéret, le directeur de l'établissement. On ne peut pas se projeter, tout se fait en dernière minute." Un chiffre le prouve : pour le moment, les réservations sont en chute de 80 %. Si la clientèle d'affaires est toujours présente, ce sont bien les touristes, ceux qui viennent profiter des attraits de la ville aux cent clochers, qui manquent à l'appel. "C'est parce qu'il n'y a pas d'événements, pas de théâtre, pas d'opéra ou de musées ouverts pour conforter l'envie de visiter, analyse Julien Marchal-Guéret. Il manque la vie !"

La vie, et les vacanciers étrangers, aux abonnés absents cette année. "Ils représentent 10 % des visiteurs d'habitude en février, précise Christine de Cintré, présidente de l'office de tourisme. Mais ils viennent surtout d'Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique et de Grande-Bretagne, qui sont confinés." Et qui dit moins de clients, dit, forcément, moins de revenus.

Pourtant, tous essayent de voir le verre à moitié plein. À l'Hôtel de Dieppe, Julien Marchal-Guéret fonde quelques espoirs sur la soirée de la Saint-Valentin et sur des services toujours plus personnalisés. Une vision que partage Marie Boissin, convaincue que "l'important c'est de s'adapter". La preuve : dans son gîte, même le lapin sera accueilli comme un hôte de marque !

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