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Soupçons sur Amdouni, l'athlétisme français encore dans la tourmente du dopage

Le champion d'Europe du 10.000 m Morhad Amdouni, mis en cause jeudi par un reportage de la chaîne allemande ARD, est dans le collimateur de l'antidopage français, une nouvelle affaire pour l'athlétisme tricolore en plein Mondiaux à Doha.

Soupçons sur Amdouni, l'athlétisme français encore dans la tourmente du dopage
Morhad Amdouni, champion de France du 5000 m le 24 juin 2016 à Angers - JEAN-FRANCOIS MONIER [AFP/Archives]

Forfait au Qatar, officiellement pour blessure, Amdouni est le deuxième athlète français médaillé aux Championnats d'Europe de Berlin en 2018 à faire l'objet de soupçons, après la marathonienne Clémence Calvin, sous le coup d'une suspension provisoire pour soustraction à un contrôle antidopage.

A ce stade, le Français n'est pas officiellement visé par une procédure disciplinaire pour une infraction des règles antidopage. Mais un reportage de la télévision allemande ARD, en pointe sur le sujet, le met durement en cause. ARD a notamment diffusé des messages Whatsapp dans lesquels une personne présentée comme un fournisseur de produits dopants réclame un paiement à l'athlète français, médaillé d'or sur 10.000 m et de bronze sur 5.000 m aux derniers Championnats d'Europe.

"Si je reçois pas mon argent demain mourad, tu vas regretter (...) juste pour que tu saches tu as acheté un paquet d'EPO et tu as une boîte d'hormone de croissance", disent les messages, dans un Français rempli de fautes. 150 euros sont réclamés à Amdouni.

L'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a rapidement réagi après la diffusion du reportage, laissant clairement entendre qu'elle enquêtait sur le Français.

Menaces

"Nous sommes parfaitement au courant des informations diffusées par ARD et des soupçons et allégations qui visent M. Amdouni", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de l'instance, Mathieu Teoran. "L'AFLD continuera de travailler en toute confidentialité. Le temps juridique n'est pas le même que le temps médiatique", a-t-il ajouté.

L'ARD fait aussi état de menaces reçues par l'un de ses informateurs, qu'elle attribue à l'entourage de l'athlète français. Les journalistes de la chaîne assurent aussi qu'Amdouni était au courant de leurs investigations lorsqu'il a déclaré forfait aux Mondiaux de Doha.

Contacté plusieurs fois par l'AFP, Morhad Amdouni n'avait pas encore réagi jeudi. "Depuis juin 2018, il a eu 15 contrôles, dont 14 inopinés, tous négatifs, et aucun no show", a fait valoir à l'AFP l'un de ses proches.

De son côté, la fédération française d'athlétisme (FFA) a souhaité appeler à la "prudence" et à la "présomption d'innocence" dans un communiqué.

"A l'heure actuelle, nous n'avons pas été informés d'une potentielle infraction des règles antidopage par Monsieur Morhad Amdouni. Cependant, nous prenons très au sérieux ces informations qui, si elles étaient avérées, seraient graves et nous amèneraient à prendre nos responsabilités", a ajouté le président de la FFA, André Giraud.

Mais cette affaire est un nouveau coup dur pour la FFA et l'athlétisme français, déjà confronté cette année à l'affaire Clémence Calvin, une autre étoile tricolore qui n'a pas vu Doha. La marathonienne, vice-championne d'Europe à Berlin en 2018, est suspendue provisoirement depuis le 25 avril, pour s'être soustraite à un contrôle antidopage à Marrakech un mois plus tôt. Elle encourt jusqu'à quatre ans de suspension. Elle s'est défendue en assurant qu'elle avait elle-même été agressée par les contrôleurs de l'AFLD, conduisant l'instance à la poursuivre pour diffamation.

Comme Calvin, Amdouni s'était projeté sur le marathon après avoir brillé sur le demi-fond. Et comme la licenciée de Martigues, celui du club de Val d'Europe (Val-de-Marne) s'était montré prometteur. Lors de son premier essai, à Paris, le 14 avril, il avait ébloui, terminant 8e et premier Français en 2 h 09 min 14 sec.

Ce jour-là, Clémence Calvin, avait battu le record de France, en 2 h 23 min 41 sec, après avoir arraché le droit de courir l'épreuve au Conseil d'Etat, pour une faute de procédure de l'AFLD. Une performance qui n'a pas été homologuée.

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