L'écrivain Pierre Lemaitre prépare la suite d'"Au revoir là-haut"

L'écrivain Pierre Lemaitre prépare la suite d'"Au revoir là-haut"

Pierre Lemaitre lors d'un entretien avec l'AFP à Bogota, le 28 avril 2017 © Raul ARBOLEDA [AFP]

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Auteur de roman noir, Pierre Lemaitre revient à la "littérature blanche" et travaille à la suite d'"Au revoir là-haut", prix Goncourt adapté en BD et au cinéma, avec lequel il est, sans le vouloir, sorti de son genre de prédilection.

Lemaitre s'est senti "tellement bien dans l'écriture" d'"Au revoir là-haut" qu'il s'était dit que si ce roman marchait "un petit peu", il ferait "volontiers la suite", a-t-il expliqué à l'AFP lors du salon international du livre de Bogota (FILBo), organisé du 25 avril au 8 mai.

Il a ainsi laissé "un certain nombre de pistes" pour continuer l'histoire d'Albert et Edouard, ses deux poilus de la Grande Guerre qui montent une escroquerie aux monuments aux morts. Le succès ayant dépassé ses espérances, il cisèle à présent le premier de deux autres livres, construisant "une trilogie qui couvre l'entre deux guerres", des années 20 aux années 40.

Si "Au revoir là-haut" débute par un crime, le prix Goncourt 2013, vendu à plus de 600.000 exemplaires, était a priori parti du mauvais pied, menant Lemaitre hors des sentiers du suspense qui ont fait la notoriété de cet auteur parisien ayant alors déjà cinq livres à son actif.

"C'est un roman policier qui a mal tourné: il a tourné du côté de la littérature blanche", précise l'écrivain, qui s'est "rendu compte au bout d'un moment que ce livre n'avait pas le code génétique du roman noir." Mais, aimant ses personnages, il se souvient s'être "dit 'ce sera ce que ça sera' et ça a été un prix Goncourt". "J'ai eu de la chance!", se réjouit-il, les yeux pétillants.

Du noir au blanc et retour

Admirateur de Proust qu'il relie inlassablement, passionné de littérature, qu'il a enseignée avant d'être enfin publié il y a seulement une quinzaine d'années, Pierre Lemaitre, 66 ans, aujourd'hui traduit en trente langues, n'a pas délaissé l'intrigue.

Son dernier opus "Trois jours et une vie", sorti l'an dernier, conte ainsi l'histoire d'un enfant meurtrier parvenu à l'âge adulte sans être inquiété, dont le destin peut cependant basculer à tout instant.

Ce polar était déjà conçu avant le succès d'"Au revoir là-haut", qui a remporté une dizaine de prix. Mais "le Goncourt a été un événement considérable qui m'a mobilisé pendant de nombreux mois et le livre que j'avais commencé a dû être abandonné".

Puis il l'a repris, renouant avec le roman noir qui est selon lui "aujourd'hui ce qu'était la tragédie dans l'Antiquité": "On se saisit des grandes passions humaines, généralement dans des moments de crise" quand elles "sont chauffées à blanc."

Du roman à la BD et au cinéma

"La fidélité vis-à-vis des lecteurs consistait à leur donner le roman que j'avais prévu de faire (...) C'était une manière de dire que le Goncourt n'avait pas tout changé dans ma vie... mais presque", lâche-t-il.

Car ce prix a bel et bien bouleversé l'existence d'un auteur qui "n'aime pas voyager", même s'il écrit "à peu près n'importe où" et "tout le temps" car, quoiqu'il fasse, l'histoire qu'il est en train de construire "continue de courir dans (sa) tête".

Si "Au revoir là-haut" l'a éloigné du polar, il lui a ouvert de nouveaux horizons, dont celui de la BD. "Je ne connaissais pas du tout la grammaire, la syntaxe de la bande dessinée. Ce n'est pas ma culture." Lemaitre a néanmoins tenu à se "colleter à cette difficulté nouvelle" et à travailler avec le dessinateur et scénariste Christian De Metter. "Il m'a appris le métier. J'ai adoré cette expérience!"

Et la saga n'est pas terminée: le roman a été adapté au cinéma par Albert Dupontel. "Juste avant de venir (...) en Amérique latine, j'ai vu la première version", se délecte l'écrivain, qui a "pleuré comme une madeleine" en découvrant pour la première fois une de ses histoires sur grand écran.

Toujours prêt à expérimenter, Pierre Lemaitre devait même jouer dans ce long métrage, dont la sortie est prévue en octobre. Juste une "silhouette, à la Hitchcock". Mais la scène a été supprimée au montage. "Si le film est raté, ce sera à cause de ça", avertit l'écrivain, malicieux.

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