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Armada de Rouen : l'incroyable vie du Belem, 117 ans déjà

Des cornes de brumes ont résonné lundi à l'Armada pour célébrer les 117 printemps du Belem, un des plus anciens trois-mâts au monde encore en mesure de voguer sur les flots. Son histoire est un vrai roman.

Armada de Rouen : l'incroyable vie du Belem, 117 ans déjà

Mis à l'eau le 10 juin 1896, le Belem a connu plusieurs vies, frôlant la destruction à maintes reprises. Tirant son nom du port brésilien où la famille Crouan, commanditaire du bateau, avait fondé un comptoir commercial, le Belem fut consacré, lors de ses premières années, à assurer la liaison entre Nantes et les Antilles. Le voilier ne tarda pas à être mis à rude épreuve puisque dès sa première campagne, il survécut à un incendie au cours duquel 115 mules de sa cargaison furent brûlées vives.

Eruption en Martinique

"En 1902, c'est à une éruption de la Montagne Pelée qu'il réchappa", comme le raconte Nicolas Plantrou, le président rouennais de la Fondation Belem, dont la mission est de continuer à faire vivre le Belem. En 1914, à l'aube de la Première Guerre Mondiale, le grand voilier traversa la Manche pour devenir la propriété de Hugh Richard Arthur Grosvenor, Duc de Westminster. A la tête d'une des familles les plus fortunées de Grande Bretagne, le duc transforma le navire en yacht de plaisance.

Propriété de Guinness

Il vogua pendant sept ans aux couleurs de sa Majesté britannique avant d'être vendu à un certain Sir Arthur Ernest Guinness, créateur de la bière du même nom qui rebaptisa le trois-mâts Fantôme II. A bord du voilier de 58 mètres, le brasseur anglo-irlandais fit le tour du monde. Ensemble, ils bravèrent notamment le grand tremblement de terre qui détruisit le port de Yokohama en 1923 et traversèrent les glaces du Spitzberg, à quelques encablures du Pôle Nord.  De nouveau rattrapé par une Guerre Mondiale, la Seconde, le Belem fut désarmé et resta dans la rade de Cowes, sur l'île de Wight.

En 1951, le navire reprit du service à l'initiative du comte Vittorio Cini qui le racheta pour initier des orphelins aux métiers de la mer. Le comte italien donna au bateau le nom de Giorgio Cini en hommage à son fils décédé. Quatorze ans plus tard, en 1965, le trois-mâts fut considéré comme étant trop dangereux pour continuer à naviguer. Il fut donné aux chantiers navals de Venise avant de revenir en France, sous l'impulsion d'un docteur français, Luc Gosse. Ce dernier mobilisa l'opinion publique et, en 1979, l'Union Nationale des Caisses d'Epargne de France racheta le navire aux chantiers vénitiens.

La fondation Belem, créée en 1980, décida ensuite que le bateau devait dorénavant servir à promouvoir le passé maritime de la France et ainsi permettre au public intéressé de découvrir les modes de navigation et les usages de la marine d'autrefois. C'est aujourd'hui un équipage composé d'une quinzaine d'hommes, dont François Sauvage et Denis Olaizola, qui navigue à bord du fleuron des voiliers français et accueille des stagiaires d'avril à octobre.

Jonathan Rohman

Plus d'informations sur le Belem : www.fondationbelem.com

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