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Blangy-sur-Bresle. Double disparition : le mystère d'une ville sous le choc

Faits Divers. Un couple retrouvé mort à son domicile. Suicide à deux ou féminicide ? Monique, la plus proche voisine, témoigne.

Blangy-sur-Bresle. Double disparition : le mystère d'une ville sous le choc
À Blangy-sur-Bresle, la disparition du couple a suscité un véritable émoi dans toute la commune de Seine-Maritime. Nous avons retrouvé la plus proche voisine de la maison du drame. Monique connaissait bien ses occupants : "Un couple qui avait l'air si heureux. Ils étaient tous les deux très beaux."

"C'est sûr que ce n'est pas le genre d'affaire qu'on voit tous les jours." Le gendarme n'en dira pas plus, il n'a pas l'autorisation de ses supérieurs pour communiquer sur ce qui est arrivé la semaine dernière dans la petite commune de Blangy-sur-Bresle, 3 000 habitants.

Même mutisme du côté de la mairie. Eric Arnoux, le maire, ne veut pas communiquer. "Pas étonnant qu'il ne veuille pas parler, souffle un commerçant du centre-ville. Il ne parle à personne, c'est son tempérament." Bonjour l'ambiance, et c'est dire si l'affaire interpelle de ce côté-ci de la Seine-Maritime.

Que s'est-il donc passé pour en arriver là ? Les faits sont particulièrement troublants : lundi 20 juin, Michel Cocu, 69 ans, et sa compagne Martine Nodinot, 68 ans, ont été retrouvés inanimés, morts tous deux par balles, au domicile de cet ancien patron d'une entreprise de pompes funèbres d'Eu, un homme honorablement connu et visiblement apprécié. "Quelqu'un de bien", raconte un restaurateur de la commune.

Au Café des Sports de Blangy, à deux pas de la mairie, le patron a entendu parler de l'affaire, mais sans plus. "Les gens s'interrogent. Est-ce un meurtre ou un suicide ? Allez savoir. Je voyais souvent ce monsieur passer à vélo devant chez moi."

Michel Cocu avait pris sa retraite, son amie dirigeait l'entreprise Trilux dans le secteur de la Glass Vallée, la "Silicon Valley" de la verrerie à Senarpont. L'entreprise qu'elle avait fondée en 2002, spécialisée dans le tri de flaconnage de verre, emploie une quarantaine de personnes. Le couple ne vivait pas sous le même toit mais se fréquentait beaucoup. Les deux corps ont donc été retrouvés l'un près de l'autre dans la maison de Michel Cocu, rue Lamartine à Blangy, une rue en pente bordée de part et d'autre de jolis petits pavillons coquets, le plus souvent entourés de belles pelouses. C'est la nièce de Michel Cocu qui a fait la macabre découverte.

Une enquête a été ouverte pour "homicide volontaire". Les premières constatations, que nous a confirmées Etienne Thieffry, le procureur de la République de Dieppe, laissent à penser que c'est l'homme qui a d'abord tiré sur son amie avant de retourner l'arme contre lui. A priori, l'intervention d'un tiers est exclue. L'autopsie des corps a été pratiquée le week-end dernier, à l'institut médico-légal de Rouen.

"Ils avaient l'air tellement heureux d'être ensemble", dit leur voisine

Monique habite juste en face la maison de Michel Cocu, son "gentil voisin". Elle est chamboulée, peine à retrouver ses esprits. "Cette histoire m'a rendue malade. J'ai du mal depuis à remettre les choses en ordre. Monsieur Cocu était très serviable, toujours prêt à m'aider quand j'en avais besoin."

Monique a 93 ans, elle est un peu dure d'oreille, a du mal à entendre, a passé une vie de secrétaire à Blangy. Son mari est décédé il y a longtemps, elle a eu deux filles dont l'une est aussi décédée. "Je mène une petite vie tranquille." De Michel et sa compagne, elle dit qu'ils étaient "beaux tous les deux". Lui ? "C'était un bel homme, très sportif." Elle ? "Une femme très gentille." Monique poursuit : "On avait de bonnes relations de voisinage, ils avaient toujours un petit mot pour moi, bonjour, bonsoir… Et puis, d'apparence, ils semblaient vraiment très heureux d'être ensemble, ça se voyait."

La disparition de ses voisins a profondément peiné la vieille dame, les gendarmes sont venus la voir le jour du drame mais elle ne se souvient plus trop de ce qu'elle leur a dit. Seulement que Michel et Martine avaient l'air de si bien s'entendre. "Je dis cela, mais on ne sait jamais ce qu'il peut se passer à l'intérieur d'une maison et dans la vie d'un couple."

L'homme souffrait, selon sa voisine, de la colonne vertébrale, vraisemblablement d'un cancer et se savait condamné. Il ne l'aurait pas supporté.

"C'est horrible toute cette histoire", soupire Monique.

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