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Philippines: ouverture d'une enquête sur les aveux du président

L'organisme chargé de veiller aux droits de l'Homme aux Philippines a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête sur les aveux du président Rodrigo Duterte qui a reconnu avoir tué trois personnes quand il était maire de Davao, grande ville du sud du pays.

Philippines: ouverture d'une enquête sur les aveux du président
Le président philippin Rodrigo Duterte, le 17 décembre 2016 à Davao - MANMAN DEJETO [AFP/Archives]

Le président philippin a lancé une guerre sanglante contre la drogue qui a fait des milliers de morts. La semaine dernière, il a déclaré avoir aidé la police à abattre trois criminels présumés durant son premier mandat de maire de Davao, en 1988.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad al Hussein a jugé mardi qu'il s'agissait "clairement de meurtres" et demandé à la justice philippine d'ouvrir une enquête.

Le président philippin, connu pour la verdeur de son langage, a rétorqué par un torrent de grossièretés aux injonctions du responsable de l'ONU, estimant qu'il était soit "un farceur, soit légèrement dérangé".

Il a affirmé qu'il n'avait pas de leçons à recevoir de la part de responsables de l'ONU rémunérés grâce aux contributions des pays membres : "Vous, trous du cul, nous payons votre salaire", a-t-il lancé, "idiot, ne me dites pas ce que je dois faire. Je suis votre employeur".

"Ne me parlez pas comme ça, fils de pute", a poursuivi M. Duterte.

Le président de la Commission des droits de l'Homme Jose Gascon a déclaré dans un communiqué qu'il avait mis en place une équipe pour enquêter sur les aveux du président.

"Les agences de maintien de l'ordre (...) devraient systématiquement enquêter sur les informations laissant entendre qu'un crime pourrait avoir été commis, afin de faire en sorte que les auteurs répondent de leurs actes si les preuves vont dans ce sens", a-t-il affirmé.

La commission est une instance gouvernementale indépendante qui a le pouvoir de poursuivre les membres des forces de l'ordre et autres responsables coupables de tortures, de meurtres extrajudiciaires ou de violations des autres droits constitutionnels.

La commission a déjà enquêté sur des accusations selon lesquelles M. Duterte avait dirigé des escadrons de la mort ayant plus d'un millier de morts à leur actif à Davao, lorsqu'il en était le maire.

M. Duterte a tantôt démenti, tantôt reconnu avoir joué un rôle dans ces escadrons.

La commission n'avait pas lancé de poursuites contre lui à la suite de son enquête. Elle a "remis en place une équipe pour une nouvelle enquête sur (les escadrons de la mort de Davao) et sur les nouvelles révélations et aveux publics qui pourraient éclairer notre enquête précédente", a ajouté M. Gascon.

Rodrigo Duterte a remporté la présidentielle de mai en promettant d'étendre à tout l'archipel sa politique de répression municipale pour éradiquer le trafic de drogue.

Selon la police philippine, plus de 5.300 personnes ont été tuées depuis l'entrée en fonctions de M. Duterte le 30 juin, dont 2.124 aux mains de policiers.

La commission des droits de l'Homme a ouvert une enquête sur certains meurtres commis par des policiers. Le président assure qu'ils n'avaient commis aucune faute en tuant des trafiquants ou des toxicomanes.

Le porte-parole de M. Duterte, Ernesto Abella avait affirmé mercredi que le président avait tué les trois personnes dans le cadre d'une opération de police, sans faire allusion au fait que M. Duterte n'était pas un officier de police.

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