Notre-Dame-des-Landes : début des opérations pour expulser les occupants illégaux

Une vaste opération d'expulsions, avec plusieurs centaines de gendarmes mobiles déployés, a débuté lundi à l'aube sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), visant à en déloger ses occupants illégaux, près de trois mois après l'abandon du projet d'aéroport.

Notre-Dame-des-Landes : début des opérations pour expulser les occupants illégaux

Des gendarmes bloquent l' accès à voie, le 8 avril 2018 à Notre-Dame des-Landes (Loire-Atlantique) © Fred TANNEAU [AFP]

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"A partir de 6h ce matin, sous l'autorité de la préfète de Loire-Atlantique, la gendarmerie nationale débutera une opération d'expulsion des occupants illégaux des terrains de la zone de Notre-Dame-des-Landes", avait annoncé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

"L'opération (...) vient mettre à exécution des décisions de justice pour procéder à l'expulsion des occupants les plus radicaux", précise le ministère.

Les accès principaux à la route 281, l'ex-route des chicanes et symbole du "retour à l'état de droit" étaient bloqués avant 04H00 et dès 03H30 au sud, a constaté l'AFP.

Plusieurs épaves de voitures étaient complètement renversées sur les côtés, sur et au bord de la route, a constaté l'AFP. Les journalistes ont été empêchés d'accéder au site.

Un très important dispositif de gendarmes mobiles a été mobilisé, avec des files de camions stationnés sur un côté de la route, feux allumés sous le brouillard.

"Ça commence", a déclaré une occupante à l'AFP. "Ils font des sommations, ils virent les barricades".

"Aucune interpellation" n'a eu lieu à l'heure actuelle, selon une source proche dossier.

"Ces expulsions sont illégales", a déclaré une occupante de la ZAD se faisant appeler "Camille" à l'AFP. "C'est inacceptable que l'état chasse les gens de chez eux. On appelle tous les gens à résister nous soutenir et rejoindre les rassemblements locaux. On était dans un cadre de négociation apaisé avec la préfecture à la recherche de solutions collectives".

Option maximaliste

Cette opération de grande ampleur, prévue sur plusieurs jours, doit mobiliser au total vingt-cinq escadrons de gendarmerie mobile, soit environ 2.500 militaires. Elle prévoit d'expulser toute personne n'ayant pas régularisé sa situation, en déclarant par exemple de nouveaux projets agricoles individuels, et à démanteler certains des 97 squats recensés par les autorités.

La quasi totalité des 250 zadistes estimés sur place ne l'ont pas fait, préférant une gestion collective du territoire et la possibilité de mener des projets non agricoles.

Le 17 janvier, en mettant fin à ce projet vieux de cinquante ans, il avait promis de mettre fin à la "zone de non droit" sur la ZAD.

Selon une source parlementaire de la majorité ayant requis l'anonymat et évoquant cette évacuation à venir, "ils (le gouvernement) sont sur l'option maximaliste".

Face à ce qu'ils appellent un "ouragan gouvernemental", les occupants de la ZAD ont prévenu qu'ils mèneraient une "résistance physique et déterminée".

Des appels aux renforts ont été lancés ces derniers jours pour monter des barricades, organiser le ravitaillement en soins et en nourriture, une "force hybride" revendiquée par le mouvement d'occupation.

Des pneus et divers obstacles avaient déjà été placés dimanche soir en divers lieux, en amont de l'arrivée des gendarmes mobiles.

Les occupants de la ZAD ont appelé leurs soutiens à converger sur la "zone à défendre" dès 04H00 du matin, pour rejoindre ensuite les points de blocages.

Des agriculteurs seront également "sur place avec des tracteurs", a indiqué Vincent Delabouglise, membre de Copain 44, collectif d'organisations agricoles. "Le gouvernement vient mettre le feu sur un territoire où les choses commençaient à s'apaiser", a-t-il déploré, disant "craindre le pire".

L'Acipa, principale association d'opposants à l'ex-projet d'aéroport, a appelé l'État "à ne pas enclencher le processus des expulsions et de la violence" et à privilégier "le dialogue", tout en réaffirmant son opposition à d'éventuels blocages des axes routiers par les zadistes.

Ces derniers appellent également à des rassemblements à 18H00 à Nantes et Rennes et à converger dimanche sur la ZAD pour reconstruire les habitats détruits.

L'opération démarrée lundi est la première d'ampleur depuis l'automne 2012. Cette dernière tentative d'évacuation massive des occupants, baptisée "opération César", avait viré au fiasco malgré la mobilisation de plus d'un millier de gendarmes et policiers.

"On ne refera pas César, ça c'est sûr", avait assuré en mars la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein.

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