Calvados : ils squattent une maison inhabitée

Calvados : ils squattent une maison inhabitée

Le tribunal de grande instance de Caen (Calvados)

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Par : Joëlle Briant

Deux jeunes hommes âgés de 27 et 33 ans ont comparu devant le tribunal de grande instance de Caen (Calvados) le mercredi 4 octobre 2017. Il leur est reproché la violation d'un domicile début mars 2014 au nord de l'agglomération.

Ayant essuyé plusieurs refus de la mairie de Caen (Calvados) à la suite d'une demande de locaux (afin d'y effectuer des réunions associatives et des débats), deux jeunes hommes décident d'utiliser une habitation vacante dans le secteur de la Vallée des jardins. Ils enjambent le muret de la cour et pénètrent dans la maison dont, disent-ils, la porte était ouverte. Afin de faire de la place, ils remisent les meubles dans un garage, en prenant soin de les couvrir de draps. Ils amènent des matelas, des appareils de chauffage (ils ont rétabli l'électricité), un aspirateur et de l'alcool. Des banderoles sont placées à l'extérieur "Ouvert à tous" et "La terre appartient à tout le monde". Puis des tracts sont distribués "Nous sommes là officiellement depuis plus de 48h donc protégés par la loi"

Les squatteurs "Bisounours"

La maison est inhabitée depuis cinq ans, date à laquelle la propriétaire est partie en maison de retraite. Prévenus par le voisinage, les enfants arrivent au bout de trois jours et constatent les dégâts (portes, carreaux, vaisselle détériorés...) Ils les estiment à 5 000 euros.

À l'audience, les prévenus affirment ne rien avoir dégradé mais admettent : "On était jeunes et obnubilés par notre combat, avec le recul, c'était puéril, d'ailleurs on nous appelait les squatteurs bisounours."

Infraction pénale

La présidente leur fait remarquer qu'ils sont fort généreux avec le bien des autres. La procureure leur rappelle qu'ils ont commis une infraction pénale et que la propriété privée est protégée. Elle requiert des peines de travaux d'intérêt général.

Pour l'avocat de la défense, il n'y a pas de violation de domicile car l'endroit était inhabité. "À l'abandon depuis 5 ans, sans eau ni électricité ! Réclamer 5 000 euros pour une habitation non entretenue, non chauffée depuis des années est exagéré ! De plus il faut aussi réfléchir à leur démarche, certes naïve, ils l'admettent aujourd'hui, mais pleine de bons sentiments."

L'affaire a été mise en délibéré au mercredi 18 octobre 2017.


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