Venezuela: l'opposition appelle à manifester, le gouvernement inflexible

Venezuela: l'opposition appelle à manifester, le gouvernement inflexible

Un membre de la garde nationale du Venezuela tire sur les manifestants, le 28 juillet 2017 à Caracas © Carlos BECERRA [AFP]

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L'opposition maintenait samedi au Venezuela son appel à manifester malgré l'interdiction du gouvernement socialiste de Nicolas Maduro, inflexible sur la tenue dimanche d'un scrutin pour désigner une Assemblée constituante controversée dans ce pays où quatre mois de violences ont déjà fait 113 morts.

Henrique Capriles, l'un des principaux dirigeants de l'opposition qui domine le Parlement, a estimé que les manifestations devraient se poursuivre après dimanche.

L'objectif est "le changement de gouvernement", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse de la coalition de l'opposition Table pour l'unité démocratique (MUD).

L'opposition entend maintenir son appel à bloquer les rues dans le pays jusqu'à la mi-journée samedi puis dimanche, jour du vote pour désigner l'Assemblée chargée de rédiger une nouvelle Constitution. Ce scrutin est jugé "illégitime" par les anti-Maduro.

Vendredi, dans la foulée d'une grève générale de 48 heures qui a fait huit morts, peu de Vénézuéliens avaient osé défier l'interdiction de manifester, assortie de la menace de 5 à 10 ans de prison.

L'opposition ne participera pas au scrutin, qu'elle qualifie de "fraude" visant à permettre au président Maduro, dont le mandat est censé s'achever en 2019, de se cramponner au pouvoir en contournant le Parlement et l'élection présidentielle prévue fin 2018.

"C'est normal qu'il y ait des craintes, mais les gens sont toujours dans la rue malgré tout", a observé le député d'opposition Freddy Guevara accusant le gouvernement d'avoir "choisi de continuer avec cette folie".

'La carte qui va gagner'

M. Maduro a répété vendredi qu'il ne céderait pas sur l'Assemblée constituante. "Il nous reste une carte à jouer, la carte qui va gagner à ce jeu et cette carte c'est l'Assemblée nationale constituante", a-t-il déclaré en assurant que cette future assemblée apportera la paix et la stabilité économique au pays.

M. Maduro, qui accuse régulièrement les Etats-Unis de fomenter les protestations à son encontre, a enjoint l'opposition de cesser son "insurrection" et de dialoguer.

Le Conseil électoral national (CNE) a assoupli les possibilités de voter, permettant aux électeurs de se présenter dans n'importe quel bureau de leur commune.

Selon des analystes, le gouvernement mobilise ses bases contre l'abstention alors que l'opposition a affiché 7,6 millions de votants opposés au projet lors du référendum symbolique qu'elle avait organisé le 16 juillet.

Quelque 70% des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante, selon l'institut de sondage Datanalisis.

La nouvelle Assemblée, dont la durée du mandat n'est pas définie, doit compter 545 membres élus selon un système combinant un vote territorial et par catégories socio-professionnelles.

Ce système pourrait permettre à 62% des 19,8 millions d'électeurs de voter au moins deux fois, soulevant des interrogations sur la validité du résultat et des chiffres de participation alors qu'aucun observateur étranger ne sera présent, souligne un analyste, Eugenio Martinez.

'J'ai fait des provisions'

La tension grimpait encore à la veille du scrutin dans un pays où sévit une grave crise économique, avec des pénuries de médicaments et de nourriture.

Beaucoup se rationnaient, dans l'incertitude des jours à venir. "J'ai fait des provisions. Les Etats-Unis ont demandé à leurs gens de s'en aller, mon chef est parti et nous ne savons pas quand il reviendra. Mieux vaut se préparer", explique à l'AFP Maximiliano, 34 ans.

Les craintes d'un conflit ouvert ont poussé des milliers de Vénézuéliens à partir en Colombie, tandis que Washington a demandé jeudi aux familles de son personnel diplomatique de quitter le pays. Les Etats-Unis et le Canada ont lancé un avertissement à l'attention de leurs ressortissants comptant s'y rendre.

La pression internationale s'est accentuée ces dernières heures sur Caracas. Après les sanctions américaines de mercredi contre 13 anciens et actuels responsables gouvernementaux, la Colombie, pays voisin du Venezuela, a fait savoir vendredi soir qu'elle ne reconnaîtra pas les résultats de l'élection de dimanche.

Le vice-président américain Mike Pence a parlé vendredi au téléphone avec Leopoldo Lopez, l'un des plus emblématiques opposants vénézuéliens, assigné à résidence à Caracas depuis sa sortie de prison début juillet.

Marquant implicitement son soutien à l'opposition, M. Pence a fait l'éloge de son "courage" et appelé à "la libération sans condition de tous les prisonniers politiques au Venezuela, des élections libres et équitables, la restauration de l'Assemblée nationale et le respect des droits de l'homme au Venezuela", selon un communiqué de son bureau.

Samedi, les compagnies aériennes espagnole Iberia et française Air France ont annoncé suspendre leur desserte de Caracas du 30 juillet au 1er août inclus, "en raison de la situation", après la décision de la compagnie colombienne Avianca de cesser ses activités dans le pays, toujours plus isolé.

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