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Christiane Lambert, une éleveuse à la tête des agriculteurs français

Christiane Lambert, une éleveuse à la tête des agriculteurs français

Christiane Lambert, la nouvelle présidente de la FNSEA, lors d'une conférence de presse à Paris, le 13 avril 2017

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Christiane Lambert, première femme à prendre la tête de la FNSEA, le principal syndicat agricole français, est une éleveuse dépeinte comme un "concentré d'énergie", que certains de ses proches encouragent à travailler sa qualité d'écoute.

Si le profil de cette femme de 55 ans paraît plus consensuel que celui de son prédécesseur Xavier Beulin, auquel on a souvent reproché d'être à la fois céréalier et patron d'un géant de l'agro-industrie (le groupe Avril), elle est loin d'être lisse et a son franc parler.

Elle a écumé les plateaux de télévision pour défendre les agriculteurs pendant la crise, sans hésiter à se montrer caustique, voire poil à gratter. Une nature qui, selon des observateurs du secteur, ne facilite pas toujours les relations quand il s'agit de négocier avec le gouvernement.

"Les agriculteurs attendent que l'on restaure leur image qui a été abimée par des excès de communication négative" (...) "Nous souhaitons être représentés tels que nous sommes et non à travers des vidéos volées" comme les "vidéos caricaturales" des lobbys vegan, a lancé jeudi Mme Lambert, à peine élue à la tête de la FNSEA.

Au sein-même du syndicat agricole, on explique que la présidente devra être vigilante sur "l'écoute" à apporter aux expressions d'opinions différentes des siennes.

Mme Lambert a assuré qu'elle allait travailler dans la continuité de M. Beulin: "nous n'allons pas faire un virage à 180 degrés. Nous nous retrouvons dans les orientations qui étaient portées auparavant par le bureau derrière Xavier Beulin", tout en rappelant qu'elle fait parti de ce bureau depuis 2010.

Car Mme Lambert dit "nous" et pas "je".

Capitaine d'équipe

"J'ai un profil de capitaine d'équipe de handball", raconte celle qui a fait six ans de compétition de ce sport collectif, pour expliquer qu'elle va travailler "plus en équipe" avec les responsables du syndicat.

"C'est quelqu'un qui sait déléguer, mais quand elle demande de s'engager à ses côtés, c'est beaucoup d'exigence... ça peut faire peur", estime Daniel Prieur, secrétaire-général adjoint de la FNSEA.

"Un concentré d'énergie allié à l'intuition féminine, ça peut déménager", dit-il, ajoutant que "son parcours l'atteste".

"Dès l'âge de huit ans, j'ai voulu être agricultrice", raconte Mme Lambert en se souvenant qu'elle "suivait" sa mère partout dans l'exploitation, notamment à la traite des vaches, qui se faisait alors à la main. Après son BTS agricole, elle s'est d'abord installée dans le Cantal, où elle est née.

Elle explique son parcours dans le syndicalisme agricole par le fait d'avoir souffert "de l'image négative de l'agriculture". Elle est dès l'âge de 20 ans, présidente du Comité communal des jeunes agriculteurs de Massiac (Cantal), jusqu'à devenir la première femme dirigeante du Centre national des jeunes agriculteurs en 1994.

"30% des actifs sont des femmes en agriculture", rappelle-t-elle, assurant que l'installation de jeunes femmes "relooke un petit peu le métier".

Mère de trois enfants et installée comme éleveuse de porcs avec son mari depuis 1989 dans le Maine-et-Loire, elle a gravi tous les échelons de la FNSEA, jusqu'à en devenir première vice-présidente en 2010.

Rebondir

Parallèlement, elle s'investit beaucoup dans la formation au travers des deux structures dédiées de la profession: le fonds de formation continue Vivea, et l'Ifocap, Institut de formation des cadres paysans.

Pour elle, c'est une arme anti-crise: "je suis persuadée que la formation peut beaucoup aider les agriculteurs à gagner en assurance, à suivre le mouvement dans une profession qui évolue très vite", dit-elle.

Depuis le début de la crise, Vivea a d'ailleurs mis en place des formations pour soutenir les producteurs en difficulté qui veulent évoluer, voire changer de métier. "Il faut aider les gens à rebondir", explique sa présidente, qui "ne supporte pas d'entendre la litanie des suicides" d'agriculteurs.

Christiane Lambert a également oeuvré afin de faire entendre les attentes sociétales pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement au sein d'un syndicat souvent fustigé pour son soutien au productivisme et à l'usage massif de pesticides.

Son exploitation est "irréprochable" sur le plan environnemental ou du bien-être animal, assure d'ailleurs l'éleveuse qui dit s'être "éclatée" à la présidence du réseau FARRE (Forum de l'agriculture raisonnée et respectueuse de l'environnement), de 1999 à 2005.

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