La chute libre en soufflerie, un sport en train d'éclore

La chute libre en soufflerie, un sport en train d'éclore

Maja Kuczynska, 17 ans, fait des figures de gymnastique en apesanteur grâce à une soufflerie le 19 février 2017 © Janek SKARZYNSKI [AFP/Archives]

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Vêtue d'un costume blanc moulant et dûment casquée, Maja Kuczynska flotte et virevolte gracieusement au centre d'un puissant jet d'air, comme en état d'apesanteur. Elle pratique au plus haut niveau un sport en pleine éclosion: la chute libre indoor, ou chute libre en soufflerie.

Elle tourbillonne, s'élance en avant, bascule en arrière, remonte, redescend, multipliant les figures avec fluidité telle une gymnaste volante ou une patineuse artistique qui serait en suspension dans l'air.

Son spectacle expressif et vertigineux de deux minutes est applaudi avec enthousiasme par la foule assise aux abords de la soufflerie.

A 17 ans, cette lycéenne polonaise fait partie des meilleurs adeptes au monde de ce sport à mi-chemin entre l'acrobatie aérienne et la danse, et compte parmi les pionniers de la catégorie freestyle.

"On introduit une approche plus artistique", dit à l'AFP la mince jeune fille.

Elle bâille en attendant son tour: il est trois heures du matin, un dimanche. La soufflerie était occupée auparavant et Maja tenait absolument à s'entraîner avant de s'envoler pour Londres.

Soudain, elle s'élance dans le tunnel de verre vertical de 20 mètres de haut, installé dans la banlieue de Varsovie. Le vent, pulsé dans ce cylindre depuis le sol par de puissants ventilateurs, peut y souffler jusqu'à 300 km/heure.

A l'origine, ces simulateurs de chute libre avaient été conçus pour effectuer des tests aérodynamiques. Leur usage récréatif s'est popularisé depuis une dizaine d'années parmi les amateurs de chute libre, qui y ont vu une alternative plus facile d'accès et plus sûre que le saut depuis un avion à des milliers de mètres d'altitude.

Wind Games

Pour contrôler ses mouvements dans le tunnel de la soufflerie, il faut être à la fois puissant, souple et précis.

"Cette discipline évolue à toute vitesse, au point que personne n'est en mesure de me former", dit Maja. En fait, "quelques autres personnes et moi sommes en train de la créer".

"C'est vraiment très différent par rapport, disons, au patinage artistique qui existe depuis si longtemps qu'il est très difficile d'inventer de nouvelles figures", ajoute la jeune fille. "Dans la soufflerie, je peux créer quelque chose que personne n'a jamais vu auparavant".

Elle a remporté en février la médaille de bronze de chute libre indoor dans la catégorie solo freestyle lors d'une importante compétition internationale, les Wind Games 2017, qui s'est tenue à Empuriabrava dans le nord-est de l'Espagne.

Les épreuves comprennent des étapes où les figures sont imposées et d'autres où l'on fait ce qu'on veut.

Une vidéo montrant Maja en train d'évoluer au son de la chanson "Powerful" de Major Lazer est devenue virale sur Facebook et a été vue 30,3 millions de fois en un mois.

La compétition dans cette catégorie a été remportée par une Singapourienne surdouée de 14 ans, Kyra Poh, suivie par le Tchèque Jakub Harrer, médaille d'argent.

Rêves olympiques

Si les adeptes de la chute libre indoor de haut niveau ne sont qu'une poignée dans le monde, ils rêvent déjà de voir leur sport admis aux Jeux olympiques.

"La chute libre en soufflerie est le seul sport d'acrobatie aérienne qui remplisse les critères prescrits pour devenir discipline olympique", affirme Bartosz Wiecek, gérant de l'installation de Varsovie, baptisée Fly Spot.

"Elle suit le même chemin que le snowboard, qui a été à un moment donné très 'underground' et très indépendant", avant de devenir "un sport olympique parce qu'il a gagné en popularité", dit-il.

Comme de plus en plus de souffleries ouvrent leurs portes dans le monde, la chute libre devient toujours plus populaire. Ces installations peuvent fonctionner jour et nuit, leur utilisation est beaucoup moins coûteuse que le parachutisme classique, et il n'y a pas de limite d'âge.

Quand Maja a commencé à s'entraîner il y a six ans, on ne comptait qu'une poignée d'enfants à travers le monde à pratiquer cette activité.

"Quelques filles à Singapour, quelques fratries à Dubaï, mais dans notre partie de l'Europe il n'y avait que mon partenaire et moi", se rappelle la jeune fille. "Aujourd'hui, au moins la moitié des participants aux compétitions de chute libre sont des enfants", souligne-t-elle.

Quand elle ira à Montréal en octobre pour participer au championnat du monde, Olga, neuf ans, s'y rendra elle aussi pour tenter sa chance.

"Je suis vraiment stressée, parce que j'ai peur de terminer dernière - mais je pense que cela n'arrivera pas...", dit la fillette à l'AFP, avant de sauter dans le tourbillon d'air pour entamer une série de galipettes endiablées qui donnent le tournis au spectateur.

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