Tendance confidences avec Jean-Claude Guillebaud

Le Carême propose de prendre le temps d'aller à la source de la Foi Chrétienne. Après avoir raconté son retour à la foi, l’ancien grand reporter, Jean-Claude Guillebaud s’interroge sur ce qu’il en reste dans notre société actuelle. Entretien avec l'auteur et Jean-Luc Lefrançois pour Tendance Confidences.

Tendance confidences avec Jean-Claude Guillebaud

Jean-Claude Guillebaud © John Foley/Opale/Leemage

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Ouvrir un livre de Jean-Claude Guillebaud, c'est prendre le temps de la rencontre, d'aller au coeur de la vie et de la foi de l'auteur. C'est partager ses doutes mais aussi ses espérances. Que l’on se rassure, le « redevenu-chrétien » l’est resté, comme l’indique le titre du livre.

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Une foi qui ne s’éteint pas, c'est aussi cela l'Espérance !

Ne pas se réfugier dans une citadelle

Mais il n’empêche, la foi est mise à rude épreuve : raréfaction des prêtres, églises à moitié vides, mise au ban des religions… Il en résulte des crispations, que l’auteur fustige, et la tentation des croyants de se réfugier dans une citadelle.

Le déplacement et non l’immobilisme
Alors Jean-Claude Guillebaud convoque saint Augustin et Bernanos pour rappeler les chrétiens à leurs évangiles. « Nous sommes des voyageurs, écrivait le grand saint d’Hippone, qu’est ce que voyager, je le dis en un mot : avancer. »

Le déplacement, donc et non l’immobilisme : « Une foi sûre d’elle-même, purifiée, comme on dit, ne se cache ni ne s’étale, elle n’a pas peur », ajoute l’essayiste. Parce qu’au fond, comme le disait Bernanos, « le grand malheur de ce monde, la grande pitié de ce monde, ce n’est pas qu’il y ait des impies, mais que nous soyons des chrétiens si médiocres ».

La nouveauté du message de l'Evangile

Pour l’auteur, c’est à nous, chrétiens, de témoigner de la nouveauté du message de l’Évangile. D’utiliser la force de la parole, du langage biblique, dans un monde qui justement a dévoyé le langage, explique encore ce disciple de Jacques Ellul.

De ce point de vue, on ne peut que le rejoindre lorsqu’il regrette le manque d’enthousiasme des catholiques pour une personnalité comme le pape François : « Quel blocage, quelle paresse mentale, quelle lassitude y font obstacle ? » s’interroge-t-il sans fard.

L’optimisme de Guillebaud ou son espérance !

L’auteur ne craint pas de déplorer les célébrations de nos églises aux cantiques ânonnés et aux prêches assoupissants, mais c’est pour réclamer, au final, une plus forte exigence. Il en va de l’avenir de notre pays : « Une démocratie peut-elle vivre hors valeurs, et où les chercher si les religions qui en étaient les pourvoyeuses disparaissent ? »

Le christianisme a tant à donner encore à la société française… 

Vaste programme, mais Guillebaud est optimiste : si l’appareil clérical est en crise, la communauté catholique est riche de personnalités, d’initiatives, de générosité. « Le message évangélique attend autre chose de nous, et de notre foi qui reste. » Ce même souffle d’espérance traverse tout ce livre, mêlant enthousiasme et curiosité.

Pouvoir transmettre, sans imposer !

Même si le ton se fait plus grave à la fin. Comme chacun de nous, Jean-ClaudeGuillebaud est taraudé par le problème de la transmission. Souffrance collective pour des chrétiens qui craignent de « devenir rapidement des zombis », et qui« ne seraient plus que d’hypothétiques chrétiens culturels n’ayant hérité de leurs parents qu’une “gentillesse”, sans lien direct avec l’Évangile ».

Avons-nous été à la hauteur ?

Souffrance plus intime, aussi, d’une génération qui s’inquiète sur sa propre responsabilité dans l’absence de ce chaînon de transmission. Avons-nous été à la hauteur ?,  s’interroge-t-il avec honnêteté. Il faut pouvoir transmettre, mais sans imposer. Savoir faire place à la proposition et à l’exemplarité. Sinon, que restera-t-il de la foi ?

Parfois, il faut accepter de ne pas pouvoir répondre, de se retirer pour réinvestir en silence « le château de notre âme ». Mais il ne faut jamais s’arrêter. Car la foi est toujours cheminement, mouvement, puisque, comme le chuchote le grand Maurice Bellet, « ce qui reste, c’est ce qui vient ».

 

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