Douze ans après, Kasparov revient secouer le monde des échecs

Douze ans après, Kasparov revient secouer le monde des échecs

La légende des échecs russe Garry Kasparov joue plusieurs parties en simultané, le 16 février 2016 à Tbilisi © NINA SHLAMOVA [AFP]

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Parfum de nostalgie sur l'échiquier. L'ancien champion du monde Garry Kasparov, qui a marqué l'histoire des échecs, s'offre une "parenthèse" d'une semaine dans sa retraite pour revenir à la compétition lundi à Saint-Louis, aux Etats-Unis, et affronter une nouvelle génération qui l'idolâtre toujours.

Depuis la fin du tournoi de Linares, le 11 mars 2005 en Espagne, lorsqu'il s'est retiré de la compétition, l'absence du Russe de 54 ans originaire d'Azerbaïdjan a laissé les joueurs d'échecs du monde entier orphelins d'une figure emblématique, lui qui a outrageusement dominé la discipline de 1985 à 2000.

Garry Kasparov s'est inscrit au tournoi "Rapid and Blitz", qui vient d'être intégré au circuit et suit la Coupe Sinquefield, étape majeure de la compétition mondiale organisée dans la même ville du Missouri, fendue en deux par le Mississippi.

"Je n'ai aucune intention de jouer après cet événement", a-t-il toutefois expliqué dimanche, dans un message sur Facebook qui est venu doucher les espoirs des fans d'échecs à travers le monde.

"Saint-Louis est un endroit spécial pour moi (...) mais cela ne met pas fin à ma retraite des échecs, (c'est) seulement une parenthèse de cinq jours", a souligné Garry Kasparov. "Le militantisme pour les droits de l'homme, l'écriture, l'enseignement, la promotion des échecs à travers ma fondation, et surtout passer du temps avec ma famille, ces choses composent ma vie désormais."

Sur toutes les lèvres

Durant cette parenthèse qui démarre lundi, le Russe met donc de côté son opposition au président Vladimir Poutine, qui occupe sa retraite depuis des années, pour se frotter à neuf autres joueurs dont certains gros calibres comme Sergueï Kariakine, mais pas au numéro 1 mondial Magnus Carlsen.

Tout éphémère qu'il est, le retour de "l'ogre de Bakou", dont les confrontations avec Anatoli Karpov sont rentrées dans l'histoire, fait en tout cas l'effet d'une bombe dans le monde des 64 cases et à Saint-Louis.

"Tout le monde ne parle que de ça. Les gens viennent d'Inde et de Chine pour le voir jouer. Sa domination des échecs pendant une si longue période a fait de lui une icône", explique à l'AFP Alejandro Ramirez, champion américain d'échecs qui enseigne sa discipline à l'université de Saint-Louis.

La nouvelle génération, qu'il voit émerger au quotidien, "admire" toujours Kasparov même s'il n'est plus sur le circuit depuis plus d'une décennie, assure le grand maître américain, pour qui l'apport du Russe "à la théorie et la compréhension du jeu résonne toujours aujourd'hui".

Quant à ses réelles chances dans ce tournoi après tant d'années à l'écart de la compétition, Garry Kasparov les a données lui-même sur Facebook.

"Je suis toujours optimiste, mais à 54 ans, j'ai autant d'espoir de retrouver mon niveau de 40 ans que ma chevelure de 20 ans!", s'est amusé un Kasparov qui n'est pourtant pas abonné à la fausse modestie.

'Aura incroyable'

"Garry Kasparov a toujours une combativité à nulle autre pareille et il est extrêmement compétiteur. Mais il va faire face à une opposition féroce", attend d'ailleurs Alejandro Ramirez.

Pour lui, le format même du tournoi, un "Rapid and Blitz" à la cadence des coups beaucoup plus rapide que lors d'une grande compétition par exemple, pourrait mettre en difficulté l'ex-champion du monde, face à de jeunes joueurs plus spécialistes en la matière.

"Je m'attends à ce qu'il se batte pour les premières places, mais je serais surpris s'il gagnait", résume le grand maître de 29 ans.

La compétition sera relevée, avec quatre joueurs dans le top 10 mondial. Sans compter Kasparov, qui ne devrait pas pour autant faire pâle figure, abonde Sylvain Ravot, maître français des échecs.

"Le sens du jeu, la rage de gagner, l'expérience, les réflexes, devraient lui permettre de bien figurer, peut-être viser le podium", confie-t-il à l'AFP, soulignant "l'aura incroyable" de Kasparov.

Habitué à avoir toujours un coup d'avance, le Russe a "bien choisi son étape, plus ou moins abordable, pour revenir", estime Sylvain Ravot, qui insiste davantage sur l'événement que représente ce retour que la future performance: "C'est un peu comme si (le tennisman américain) Pete Sampras faisait son retour!"

Kasparov, lui, semble revenir avant tout pour prendre du plaisir et a déjà annoncé que les 150.000 dollars en jeu, s'il les remportait, iraient à la promotion des échecs en Afrique.

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