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Au Soudan, un couple pleure sa fille morte pour l'EI

Au Soudan, un couple pleure sa fille morte pour l'EI

Alithi Youssef et son épouse Manal Fadlallah, les parents d'Aya, avec leur petite-fille Lojien, lors d'une interview avec l'AFP à leur domicile, le 4 mars 2017 dans la banlieue de Khartoum, au Soudan

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Lorsque des agents des services de sécurité sont venus frapper chez lui à Khartoum, l'homme d'affaires Alithi Youssef a compris que son pire cauchemar était devenu réalité.

"Ils m'ont informé le 17 janvier que ma fille Aya avait été tuée dans des combats à Syrte", raconte à l'AFP M. Youssef, en référence à la ville de Libye contrôlée pendant des mois par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) avant qu'il en soit chassé en décembre.

"Ils ont dit qu'ils avaient cependant une bonne nouvelle: Aya avait laissé derrière elle un bébé de quatre mois". L'enfant a été ramené à Khartoum le mois dernier.

Etudiante en médecine, Aya a disparu le 30 août 2015, quelques heures après avoir passé des examens dans la capitale soudanaise. Elle avait 20 ans.

Pendant deux mois, ses parents n'ont eu aucune nouvelle d'elle, jusqu'à ce coup de téléphone où elle leur annonçait qu'elle avait rejoint l'EI en Libye avec quatre autres amies.

Selon des responsables soudanais, des dizaines d'étudiants comme Aya se sont enrôlés dans le groupe ultraradical en Libye, en Syrie ou en Irak, et des médias ont fait état de la mort de certains d'entre eux.

Changement rapide

Certains amis d'Aya ayant rejoint l'EI avaient des passeports américains ou britanniques, affirme son père.

"J'étais sûr qu'Aya ne pourrait pas partir parce qu'elle avait un passeport soudanais, mais j'ai eu tort", confie l'homme d'affaires dans sa luxueuse maison de deux étages dans la banlieue de Khartoum.

Aya s'est rendue en Libye par la route. Son passeport a été découvert dans un appartement de la capitale soudanaise, quelques jours après son départ.

En Libye, elle s'est mariée à un membre soudanais de l'EI qui était dans la même université qu'elle à Khartoum, poursuit M. Youssef, montrant le certificat de mariage du couple délivré par les jihadistes à Syrte.

Tous deux combattants de l'EI, Aya et son mari ont été tués à Syrte lorsque la ville a été libérée mais très peu de détails ont été fournis sur les circonstances de leur mort.

M. Youssef et son épouse Manal Fadlallah se rappellent du changement rapide dans le comportement de leur fille avant son départ.

Aya, qui a passé sa primaire dans une école anglophone à Abou Dhabi où sa famille a habité pendant plusieurs années, a grandi en écoutant de la musique occidentale et lisant des romans en anglais.

Son passage à l'"islam radical" a été rapide, se souvient son père, alors que sa mère donne un biberon à Lojien, la fille d'Aya. L'étudiante en médecine a commencé à changer lors de sa seconde année à l'université.

'Renfermée'

D'habitude vêtue en pantalon et t-shirt, Aya a progressivement commencé à porter des habits conservateurs, dont le foulard. Elle a également arrêté de rendre visite à ses amis ou à saluer les hommes, raconte M. Youssef.

Sa famille pouvait l'entendre réciter des versets du Coran jusque tard dans la nuit.

"Elle s'est renfermée sur elle-même, dans son propre monde", dit le père.

"Quand nous lui avons demandé qui était derrière tout cela, elle nous a dit: +Maintenant je connais mon dieu+", confie sa mère.

M. Youssef raconte qu'il ne lui est jamais venu à l'esprit de fouiller dans son téléphone ou son ordinateur.

"Si j'avais connu ses projets, (...) je serais resté tout le temps dans sa chambre, je ne l'aurais jamais laissée seule", poursuit ce père de quatre enfants.

Dans la chambre d'Aya, une étagère est remplie de romans en anglais dont celui du célèbre écrivain afghan Khaled Hosseini, les Cerfs-volants de Kaboul.

Sur l'une des photos d'un album, Aya est assise près d'un père Noël lors de fêtes de fin d'année dans son école d'Abou Dhabi.

De leur fille, il leur reste à présent son enfant.

"On a une grande responsabilité (...) Lojien nous est très chère. C'est la fille d'Aya", souffle M. Youssef.

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