Eure : la fronde d'élus contre la suppression de la taxe d'habitation

Par P.D

15h44 - 02 octobre 2017

Guy Lefrand était l'un des invités de la rédaction de Tendance Ouest du 2 octobre 2017 - Sylvie Gosselin

Dans l'Eure, des services publics locaux garderont portes closes, mercredi 4 octobre 2017. Des élus, de tous bords politiques, dénoncent les conséquences de la suppression de la taxe d'habitation. Pour mener la fronde, le maire Les Républicains (LR) d'Évreux Guy Lefrand. Il était l'un des invités de la rédaction de Tendance Ouest, lundi 2 octobre 2017.

"Il faut être vraiment naïf pour penser que le gouvernement va compenser à l'euro près", lance d'emblée le maire LR d'Évreux, Guy Lefrand. Pour lui, aucun doute, la suppression de la taxe d'habitation va peser encore un peu plus sur les finances des villes. Avec d'autres élus de l'Eure, il appelle donc à une journée de sensibilisation, mercredi 4 octobre 2017, pour informer les citoyens sur tous les services publics qui dépendent des villes ou des intercommunalités. Selon lui, cette mesure de campagne d'Emmanuel Macron, censée améliorer le pouvoir d'achat des Français aura un effet pervers. "Dans ma ville, nous réfléchissons déjà aux services publics que nous allons devoir supprimer. Nous allons peut-être aussi devoir augmenter les entrées des piscines ou les inscriptions au conservatoire", menace-t-il.

Écoutez en replay Guy Lefrand, l'un des invités de la rédaction de Tendance Ouest du 2 octobre 2017 :

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Les revendications des élus eurois sont simples : un moratoire sur la suppression de la taxe d'habitation et l'ouverture d'un grand débat sur la place du service public dans le pays.

En Marche dans l'Eure réagit

Dans l'Eure, le parti de la majorité présidentielle En Marche a appelé le maire d'Évreux à revenir sur son action. "Par sa logique de confrontation, Monsieur Lefrand entend priver les Ébroïciens d'un de leurs droits élémentaires, celui d'accéder librement aux services publics sur le territoire communal. (...) Le maire d'Évreux ne fait pas honneur à sa fonction et semble en méconnaître la dignité. Il rejoint les opposant à la démocratie, les factieux les plus extrêmes et les semeurs de trouble", est-il précisé dans un communiqué.