Yearlings à Deauville : au bout du stress des éleveurs, 39 millions d'euros de recettes

Par M.G

09h30 - 22 aout 2017

La salle des ventes Arqana à Deauville, où sont présentés les yearlings chaque année en août. - Maxence Gorréguès

Clap de fin lundi 21 août 2017 pour les ventes aux enchères de Deauville (Calvados), où près de 250 yearlings ont trouvé preneurs. Les yearlings ce sont ces poulains âgés de 18 mois voués à concourir sur les hippodromes dans les mois à venir. Et pour les éleveurs, le plus gros temps de l'année est désormais derrière eux...

Félix Lepeudry, responsable de l'élevage de Tourgeville est tout sourire. Le premier cheval de sa maison vient de trouver preneur contre 100 000 €, lundi 21 août 2017, aux ventes aux enchères de yearlings à Deauville (Calvados). Des poulains âgés de 18 mois. "C'est toujours un soulagement quand un cheval séduit un nouveau propriétaire, car c'est l'aboutissement de deux à trois ans de travail", assure-t-il.

    • Lire aussi. Ventes de yearlings : 300 chevaux à vendre à Deauville

"Un coup de folie"

Son poulain est parti dans la foulée en Angleterre pour préparer ses premières courses de galop en 2018. Et ils sont d'ailleurs nombreux à partir à l'étranger, les acheteurs venant d'Australie, du Qatar, de Dubaï, du Japon, des États-Unis et de pays européens. "Ce dernier bout de travail à faire ici, il faut le réaliser à la perfection, car à Deauville plus qu'ailleurs, avec tous les acheteurs internationaux, on ne peut jamais dire combien va faire un cheval. Il y a toujours quelqu'un qui va faire une folie qui correspond tout de même souvent à la qualité du travail des éleveurs qui donnent tout pour livrer le meilleur produit".

    • Reportage diffusé sur Tendance Ouest, mardi 22 août 2017 :

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39 millions d'euros de chiffre d'affaires

La folie de cette édition 2017 était pour un yearling vendu par le haras de la Perelle. Il a été acquis par un fonds d'investissement luxembourgeois nommé Phoenix Thoroughbreds, pour 1,55 million d'euros. Sans surprise, le poulain a pour père Dubawi, un ancien crack et étalon très sollicité par les éleveurs, pour monter une de leur jument.

"Ici c'est vrai, on vend du rêve puisque les acheteurs misent sur la génétique, explique Anne-Charlotte André, administratrice du haras des Monceaux près de Lisieux (Calvados) qui en 2015 a totalisé 10,4 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 29 chevaux vendus. Un record qui tient toujours. Ces poulains n'ont jamais été testés, mais ils sont vendus sur la base de leur pedigree et sur leur physique lors des présentations". Des origines qui avaient su séduire en 2015 l'émir de Dubaï, Mohammed Ben Rashid Al qui avait signé un chèque de 2,6 millions d'euros pour s'attacher les services d'un cheval élevé au haras de Monceaux. Un haras qui cette année encore demeure le plus vendeur, devant le Haras d'Etreham (Bessin, Calvados) et le Haras de Montaigu (Nonant-le-Pin, Orne). Du choix de l'étalon et donc du géniteur à la vente à Deauville, le processus dure au moins trois ans.

Le chiffre d'affaires de cette édition 2017 a atteint 38 865 500 €, contre plus de 40 millions lors de l'édition précédente, mais le prix moyen a atteint les alentours de 166 000 euros contre 152 000 en 2016. Près de 250 yearlings ont trouvé preneur cette année.