Histoire : à Cherbourg, les souvenirs de la dernière maison castor

Après guerre, les cités Castors sont sorties de terre partout en France. Des maisons identiques, construites par leurs habitants, qui y consacraient tout leur temps libre. À Cherbourg (Manche), une famille ouvre l'une des dernières maisons Castors de l'époque samedi 7 et dimanche 8 juillet 2018.

Histoire : à Cherbourg, les souvenirs de la dernière maison castor

Myriam Lepetit et Lucette Hérout se souviennent de l'époque où leurs parents René et Charlotte passaient tout leur temps libre pour construire cette maison.

Par Célia Caradec

On l'appelait la "cité Prairie". Elle borde aujourd'hui le grand boulevard de l'Atlantique, à Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Une rangée de douze maisons, toutes identiques, construites à l'huile de coude par les premiers habitants qui les ont occupées, les "castors". Ce mouvement associatif, né après la Seconde guerre mondiale, permettait à des travailleurs modestes de devenir propriétaires. Des ouvriers de l'Arsenal, cheminots, marins, douaniers, achetaient collectivement les matières premières et construisaient leur maison… et celles de leurs voisins !

À l'époque, le boulevard n'existait pas, et on parlait de la rue Berthelot. En face des maisons se tenait une maison de ferme avec une piste à chevaux. - Famille Hérout

Des habitants-bâtisseurs

Boulevard de l'Atlantique, la majorité des maisons ont aujourd'hui été modernisées. Mais la dernière, en haut de la rangée, est encore dans son jus. Elle est aussi la dernière à avoir été occupée par une habitante qui a vécu la construction, Charlotte Hérout, disparue il y a peu. Avant de se séparer de la maison, sa famille l'ouvre au public le samedi 7 et le dimanche 8 juillet 2018, pour rendre hommage au travail de ces habitants-bâtisseurs que furent Charlotte, son époux René, et leurs voisins.

"Je me souviens que Papa, tous les soirs, quittait l'Arsenal et montait directement pour travailler ici", raconte Lucette Hérout, l'une de leurs quatre enfants. "Ils y consacraient tous leurs week-ends, toutes les vacances" ajoute Myriam Lepetit, sa sœur.

La maison d'une vie

Les futurs propriétaires étaient guidés dans leur travail par un maître d'œuvre, et un cahier des charges strict : même épaisseur de murs, même carrelage, même lavoir dans la cave et poulailler au fond du jardin…

"Les agglos des douze maisons ont été faits un par un, puis les murs, les charpentes, poursuit Lucette, être la douzième avait un inconvénient car les voisins avaient envie d'aller très vite pour enchaîner !" Mais la situation avait aussi un avantage : un jardin plus grand… au moins jusqu'en 1971 et la construction du boulevard ! "Il y avait des disputes, forcément, mais dans l'ensemble les gens s'entendaient bien. Ils y mettaient du cœur, c'était la maison de leur vie".

"Vide-maison" samedi 7 et dimanche 8 juillet 2018, 104 boulevard de l'Atlantique, Cherbourg-en-Cotentin. Témoignages bienvenus !

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