Abattoirs AIM : la justice examine une offre de reprise sérieuse

Abattoirs AIM: la justice examine mercredi 3 juillet 2018 une offre sérieuse de reprise

Abattoirs AIM : la justice examine une offre de reprise sérieuse

Abattoirs AIM: la justice examine mercredi 3 juillet 2018 une offre sérieuse (salariés) © Gaston Lamy

Par Julien Hervieu

La justice va examiner mercredi 4 juillet 2018 une offre d'éleveurs bretons sur l'abattoir normand en difficulté AIM Group qui impliquerait la suppression d'une cinquantaine d'emplois sur 237, a indiqué mardi 3 juillet 2018 à l'AFP l'avocate des salariés.

L'audience du tribunal de commerce de Rouen (Seine-Maritime) doit débuter mercredi à 14H30, a précisé Me Elise Brand, avant un comité d'entreprise d'AIM Group mardi 3 juillet 2018 à Villedieu-les-poëles (Manche). Interrogé par l'AFP, le tribunal de commerce a indiqué qu'il ne communiquait pas.

Comme cette offre unique, qui émane de cinq éleveurs des Côtes d'Armor, "est financée, je ne vois pas comment elle pourrait être rejetée", a déclaré l'avocate interrogée sur une possible liquidation en cas de refus de cette offre par le tribunal. Cette offre sera financée à hauteur de cinq millions d'euros, selon l'avocate.

Une décision mercredi 4 ou jeudi 5 juillet

Le tribunal rendra vraisemblablement sa décision mercredi 4 ou jeudi 5 juillet 2018, mais il peut aussi la mettre en délibéré pour une période plus longue, précise Me Brand. "Cette offre a le mérite d'exister mais l'amertume est immense car les éleveurs ont obtenu ce qui est refusé aux ouvriers depuis que l'entreprise a été reprise en 2015 à 66 % par une SAS composée de salariés et à 34 % par la SEM Imagine (45 % département de la Manche, 45 % région Normandie et 10 % Caisse des dépôts et consignations)", affirme Me Brand.

"L'Etat va aider les éleveurs et la SEM va leur donner pour un euro les locaux", a poursuivi l'avocate. Et l'entreprise est cédée pour trois euros, selon elle. Les salariés, qui louaient les locaux, avaient dû investir leurs indemnités avant de "faire des heures supplémentaires non payées parce que c'était leur boîte", a poursuivi l'avocate.

Un manque de liquidité depuis 2015

La reprise de 2015 faisait suite au dépôt de bilan de l'ancienne société AIM qui employait 590 personnes à Villedieu et à Antrain (Ille-et-Vilaine), site repris par le groupe breton Chapin-Monfort. Placé en redressement judiciaire début avril 2018, AIM Group a souffert d'un manque de liquidité dès ses débuts en 2015. Une enquête préliminaire est en cours à la suite d'une plainte contre X d'une association d'anciens salariés d'AIM, "Les trois petits cochons", pour faillite frauduleuse, banqueroute, abus de biens sociaux, extorsion, escroquerie et recel. Selon Me Brand, cela porte sur des faits qui datent d'avant la reprise en 2015.

Les salariés actuels accusent la SEM Imagine d'avoir imposé un loyer trop élevé à AIM. Le département estime lui que c'est la confiance de la filière qui a manqué à l'abattoir.

Avec AFP

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