Caen : Dix mois ferme pour apologie du terrorisme

Jeudi 8 février 2018, lors de son incarcération à la maison d'arrêt de Caen (Calvados) un Français d'origine marocaine aurait proféré devant un codétenu des propos faisant l'apologie du terrorisme. Mardi 12 juin 2018 c'est devant le tribunal de grande instance de Caen qu'il a dû s'en expliquer.

Caen : Dix mois ferme pour apologie du terrorisme

Le tribunal de grande instance de Caen (Calvados) condamne le prévenu à une peine ferme pour apologie du terrorisme

Par Joëlle Briant

Essam Charqane âgé de 28 ans a comparu devant le tribunal de grande instance de Caen (Calvados) pour apologie d'un acte de terrorisme. L'audience s'est déroulée mardi 12 juin 2018. Les faits ont eu lieu à la maison d'arrêt de Caen jeudi 8 février 2018.

"Je vais mourir en martyre"

Sont lus par la cour les propos rapportés par le codétenu "Vous allez voir de quoi je suis capable quand je sortirai (il a été libéré en avril dernier) Je serai dans le journal. Vous êtes tous des mécréants ! Je vais mourir en martyr ! Allah Akbar !" L'homme est connu pour sa radicalisation et son prosélytisme. Son parcours judiciaire, qui inclut des peines de prison ferme, est jalonné d'une quinzaine de délits (stupéfiants, violences…)

Profil inquiétant

L'expert en psychiatrie écrit "Décompensation psychotique. Il dit repérer les gens possédés et voit des anges et des démons. Cette symptomatologie est toutefois contrôlée par des antipsychotiques. Il ajoute "manipulateur".

La maison d'arrêt écrit "Il ne supporte pas la frustration. Très pratiquant, il ne fréquente que des musulmans".

"On me prend pour ce que je ne suis pas"

"Non coupable" plaide le prévenu "On me prend pour ce que je ne suis pas. Je lis le Coran et fais mes prières mais je ne suis pas sectaire. J'écris, je fais du Rap, je suis d'une grande humanité. J'ai grandi dans cette France et je l'aime". Pour le président il y a décalage entre ses propos et le casier judiciaire qui dépeint un individu sans scrupule, "Vous pouvez être un musulman radicalisé qui tente de se faire oublier…".

Le tribunal ne suit pas le ministère public

Le procureur quant à lui émet des doutes : "La maison d'arrêt ne peut corroborer les dires du codétenu. C'est donc parole contre parole. Pour moi ce dossier ne contient pas suffisamment d'éléments pour entrer en voie de condamnation et je requiers la relaxe, même si je devais le regretter un jour ".

Le tribunal ne suit pas ce réquisitoire et se montre convaincu de la culpabilité du prévenu le jugeant inquiétant et dangereux. Essam Charqane écope de dix mois de prison ferme non aménageables.

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