Le projet de loi sur le Brexit de retour devant les députés britanniques

Les députés britanniques entament mardi un nouvel examen du projet de loi sur le Brexit, un débat à haut risque pour le gouvernement qui a forcé la Première ministre conservatrice Theresa May à appeler les députés de son parti à l'unité.

Le projet de loi sur le Brexit de retour devant les députés britanniques

Des manifestants pro-européens rassemblés devant le parlement britannique à Londres le 11 juin 2018 © Daniel LEAL-OLIVAS [AFP]

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Ce texte, intitulé "Loi (de retrait) de l'Union européenne", doit mettre fin à la suprématie du droit européen sur le droit britannique, et organiser la transposition de certaines règlementations européennes.

Les députés, qui avaient adopté une première version en janvier, doivent se prononcer sur une série d'amendements introduits lors de l'examen du texte à la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique, allant à l'encontre du projet gouvernemental et que Mme May compte bien voir annulés.

Etant donné sa courte majorité aux Communes, et face à des récalcitrants contre la ligne qu'elle a tracée, la cheffe du gouvernement a convoqué l'ensemble des députés de son parti lundi soir pour les rappeler à l'ordre et s'éviter de nouveaux camouflets.

"Le message que nous envoyons au pays cette semaine avec nos votes est important", a-t-elle prévenu. "Nous devons montrer clairement que nous sommes unis, en tant que parti, dans notre détermination à mettre en place la décision prise par le peuple britannique".

Elle a également fait référence aux discussions en cours avec Bruxelles. "J'essaie de négocier le meilleur accord possible pour le Royaume-Uni", a-t-elle fait valoir. "Mais si les amendements des Lords sont maintenus, cela ébranlera notre position dans les négociations".

Amendement 'raisonnable'

La ligne du gouvernement semble fragile sur deux amendements. L'un donne au Parlement le pouvoir de renvoyer, avec des directives, le gouvernement à la table de négociations si l'accord obtenu avec Bruxelles ne lui convient pas, et sera étudié mardi après-midi. L'autre porte sur le maintien du Royaume-Uni dans l'union douanière, et sera discuté mercredi.

La députée conservatrice et pro-européenne Sarah Wollaston a déclaré lundi vouloir "davantage de concessions" du gouvernement sur l'amendement portant sur l'union douanière. "Il est très raisonnable, il propose de maintenir cette option sur la table", a-t-elle déclaré sur la BBC.

Elle s'est également dite "disposée à voter en faveur" de l'amendement donnant au Parlement la possibilité de bloquer la procédure en cas d'absence d'accord.

Jacob Rees-Mogg, l'une des figures des députés conservateurs pro-Brexit, s'est lui montré confiant quant à la discipline qui sera observée au sein de son parti.

"Il y aura de l'unité. Ce ne sera pas parfait mais cela devrait suffire pour faire passer le texte et renforcer la position de Theresa May", a-t-il estimé sur la radio LBC.

May en 'position périlleuse'

Car le rapport de force actuel au sein du gouvernement pourrait forcer les députés conservateurs pro-européens à modérer leurs velléités de rébellion : s'ils infligent de nouvelles défaites à Mme May, ce sont les ministres partisans d'une ligne dure sur le Brexit qui pourraient en sortir renforcés.

"La position de la Première ministre est périlleuse, il se peut que les gens estiment qu'elle a déjà assez de problèmes comme ça", souligne, sous couvert d'anonymat, un député conservateur pro-européen.

La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, partisan d'un retrait sans concession, avait ainsi adressé une critique à peine voilée à Theresa May.

"Si vous n'avez pas le courage de vouloir une politique indépendante, vous n'obtiendrez jamais les bénéfices économiques et politiques du Brexit", a-t-il déclaré lors d'un événement privé, avant que ses propos ne s'ébruitent dans la presse.

Parmi les autres amendements étudiés figurent notamment l'exigence du maintien des normes environnementales européennes ou la suppression de date de retrait de l'UE, le 29 mars 2019, du texte de loi.

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