Le havrais Médine au Bataclan : "maladroit" pour l'association 13onze15

Une partie de la majorité, de la droite et de l'extrême droite s'insurge de la venue du rappeur havrais (Seine-Maritime) Médine au Bataclan, jugeant ses textes incompatibles avec la salle marquée par les attentats du 13 novembre 2015. Le président normand de l'association 13onze15 dénonce, lui, maladresse d'un côté et récupération politique de l'autre, lundi 11 juin 2018.

Le havrais Médine au Bataclan : "maladroit" pour l'association 13onze15

La programmation du rappeur Médine dans la salle parisienne le Bataclan, dont les titres "Don't Laïk" ou "Jihad" lui sont reprochés, fait polémique. © STEPHANE DE SAKUTIN [AFP/Archives]

Par Noémie Lair

La polémique enfle autour de la venue du rappeur havrais Médine au Bataclan. Après Marine Le Pen, ce sont Laurent Wauquiez, Jean-François Copé ou encore Aurore Bergé qui se sont empressés de réagir. Pour la présidente du Rassemblement national, ex-Front national, "Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du #Bataclan".

Par "saloperies", Marine Le Pen évoque certains textes du rappeur, notamment "crucifions les laïcards comme à Golgotha" et "j'mets des fatwas sur la tête des cons".

Des propos qui avaient déjà fait polémique au moment des attentats contre Charlie Hebdo et pour lesquels le rappeur havrais s'est déjà expliqué plusieurs fois. Dans une tribune publiée sur le site Internet de L'Obs le 13 janvier 2015, il interpellait notamment sur le droit à la liberté d'expression : "Ai-je besoin de préciser moi, jeune rappeur du Havre, à ces académiciens, philosophes, essayistes que mon propos est l'incarnation même du combat de "Charlie Hebdo" ?", ajoutant que son morceau est "une caricature tendue aux fondamentalismes".

"Exploitation de la douleur des victimes"

Dans ce contexte, le président de l'association 13onze15, le Normand Philippe Duperron, dénonce une "récupération politique dont ce type d'événement fait l'objet à chaque fois, que ce soit un nouvel attentat ou ce genre de programmation. Les partis politiques, la droite et l'extrême droite en particulier, sont rapides et très enclins à en faire une exploitation et donc à exploiter la douleur des victimes et les attentats à leur profit."

Pour ce qui est de la programmation, Philippe Duperron regrette un choix "plus que maladroit":

Philippe Duperron a pu discuter avec les programmateurs de la salle de spectacle. Une réflexion serait en cours sur le maintien ou non des concerts prévus en octobre.

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