[Notre dossier] D-Day : les touristes débarquent à Caen

Tous les 6 juin, la Normandie remonte le temps direction l'été 44. Et pour bénéficier de la notoriété liée au D-Day, Caen et les villes de l'agglo développent leur stratégie.

[Notre dossier] D-Day : les touristes débarquent à Caen

Incontournable pour les visiteurs marchant dans les pas de ceux qui ont fait du Débarquement, le Mémorial a accueilli l'an passé plus de 400 000 visiteurs. © Mémorial de Caen - StephaneDeve

Par Marie-Charlotte Nouvellon

Qui dit D-Day dit bien souvent plages du Débarquement. Dans l'esprit de beaucoup, l'histoire de la bataille de Normandie reste associée à certains lieux emblématiques comme la plage d'Omaha Beach, le cimetière américain de Colleville-sur-Mer qui la surplombe ou encore la pointe du Hoc. Pourtant, à quelques kilomètres de là, à Caen et dans l'agglomération, d'autres sites racontent eux aussi cette période qui a marqué la Normandie.

Moderniser l'histoire

Au fil des années, certains ont même su devenir incontournables. En tête de liste bien sûr, le Mémorial et ses plus de 400 000 visiteurs annuels, qui fête aujourd'hui ses 30 ans d'existence. Ce musée qui ne ressemble à aucun autre de la côte a été pensé comme "un lieu qui explique l'importance de la paix à nos contemporains, présente Stéphane Grimaldi, son directeur. Le coup de génie de Jean-Marie Girault (ancien maire de Caen à l'origine de sa construction), et d'avoir pressenti le passage de la mémoire à l'histoire. L'histoire de la bataille de Normandie en elle-même ne raconte pas tout. Ici, on cherche à comprendre".

Pensé par une équipe de jeunes historiens dans les 1980, le musée a su se renouveler. "On passe notre temps à se réinventer, nous sommes dans un exercice critique quotidien, assure le directeur avant de préciser que, "ces dix dernières années, notre public a rajeuni de dix ans." Un public attiré par une muséographie renouvelée, mais aussi des conférences, des expositions temporaires…

Créer l'événement

Autant d'événements qui rendent l'histoire du lieu vivante. Une technique que reprennent d'autres sites comme à Ouistreham par exemple. Pour imprégner sa marque, la ville organise par exemple tous les 6 juin son défilé de véhicules militaires d'époque, un bal et un concert année 1940. Car si "nous avons la seule plage où des Français ont débarqué", comme le rappelle le maire, Romain Bail, cette identité se travaille et s'entretient.

"Nous avons créé, construit des lieux de mémoire", poursuit l'élu avant de citer le monument de la flamme ou encore la plaque rendant hommage aux sous-mariniers venus en éclaireur le 5 juin 1944. Y viennent surtout des touristes français, notamment les familles descendant des membres du commando Kieffer, qui y ont combattu. Un peu partout, les clins d'œil à l'histoire du D-Day s'invitent et la stratégie s'avère payante. Le bunker abritant le musée du mur de l'Atlantique reçoit ainsi chaque année 70 à 80 000 visiteurs.

Un effet anniversaire ?

Mais c'est bien sûr avec l'arrivée du mois de juin que le phénomène est le plus visible. À cette période de l'année, les drapeaux ressortent un peu partout en Normandie, et les cérémonies s'organisent. Les anniversaires se traduisent d'ailleurs toujours par un pique de fréquentation touristique dans les lieux marqués par la bataille de Normandie.

En 2014, à l'occasion du 70e anniversaire du Débarquement, le Mémorial de Caen avait ainsi reçu 70 000 visiteurs de plus qu'en 2013. Un effet d'aubaine qui pourrait se faire à nouveau sentir pour le 75e anniversaire du D-Day. D'autant plus que 2019 pourrait être synonyme de classement au patrimoine mondial de l'Unesco pour les plages du Débarquement.

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