Tendance confidences avec le Jésuite François Euvé

L’assassinat par deux jeunes djihadistes du père Hamel le 26 juillet 2016 à Saint-Étienne-du-Rouvray, précédé par l’attentat de Nice, a saisi d’effroi l’opinion publique. Dépassant la colère et le désir de vengeance, la fraternité n'a pas baisser les bras ! François Euvé répond aux questions de Jean-Luc Lefrançois.

Tendance confidences avec le Jésuite François Euvé

François Euvé (Sj) © Les Editions de l’Atelier

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François EUVÉ est jésuite, rédacteur en chef de la revue Études. Agrégé de physique, théologien, il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Crainte et tremblement : une histoire du péché (Le Seuil, 2010), Darwin et le christianisme (Pocket, 2009), Dieu et la science avec André Comte-Sponville et Guillaume Lecointre (Presses de l’ENSTA, 2011), Pour une spiritualité du cosmos : découvrir Teilhard de Chardin (Salvator, 2015). Au nom de la religion ? Barbarie ou fraternité aux Editions de l'Atelier, 2017).


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L’assassinat par deux jeunes djihadistes du père Hamel le 26 juillet 2016 à Saint-Étienne-du-Rouvray, précédé par l’attentat de Nice, a saisi d’effroi l’opinion publique. Dépassant la colère et le désir de
vengeance, des chrétiens et des musulmans ont assisté ensemble à la messe dominicale. Comment comprendre qu’un acte aussi barbare et des gestes aussi fraternels puissent être tous commis au nom de la religion ?

François Euvé interroge ce paradoxe

Réduire les crimes des djihadistes à des causes sociales masque ce qui, dans leur rapport au Coran, les conduit à commettre l’ignoble en invoquant Allah. En
conclure que l’islam est intrinsèquement violent est aussi réducteur. La question majeure est celle de Dieu : est-Il un être omnipotent dont la volonté s’impose aux hommes au mépris de leur liberté et
de leur dignité ou fait-Il place à la raison humaine ? L’interrogation dépasse l’islam et touche toutes les religions.

Après un XXe siècle où la violence de masse avait des motivations a-religieuses (la « race supérieure », « l’homme nouveau »), pourrait survenir un XXIe siècle où, mue par un vertige fondamentaliste, la barbarie serait commise au nom de Dieu.

Loin de se résigner à cette perspective tragique, cet essai stimulant invite à reconsidérer le rapport des religions à la vérité. Et si, au lieu d’être chosifiée comme une idole, la vérité se faisait dans le dialogue, en marchant avec l’autre, qu’il croie ou non en Dieu ?

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