Nos éducations sentimentales : un spectacle inspiré de Flaubert et Truffaut

Établir une correspondance entre les films de Truffaut et les écrits de Flaubert, c'est la démarche originale de Sophie Lecarpentier à qui l'on doit Nos éducations sentimentales : un spectacle original, interprété par la compagnie Eulalie et à découvrir le mardi 17 avril 2018 à la Maison de l'Université de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime).

Nos éducations sentimentales : un spectacle inspiré de Flaubert et Truffaut

Ce spectacle établit des correspondances entre les films de Truffaut et les écrits de Flaubert.

Par Elodie Laval

La metteure en scène Sophie Lecarpentier imagine un spectacle inspiré par les films de Truffaut et les écrits de Flaubert : une version revue et corrigée de L'Éducation sentimentale présentée à la MDU le 17 avril 2018. Sophie défend un projet audacieux :

Pourquoi avez-vous souhaité faire résonner Truffaut et Flaubert ?

"Ce sont deux auteurs que j'adore et qui partagent cette même élégance de dandy et cette même façon de voir le monde : capable de distinguer la moindre petite poésie du quotidien tout en donnant à voir la vacuité profonde de l'existence. Truffaut a su capter la poésie dans un simple geste et Flaubert a l'élégance du discours. J'ai découvert par hasard que Truffaut avait eu le projet d'adapter L'Éducation sentimentale de Flaubert à l'écran mais que devant l'ampleur du projet il avait dû renoncer. C'est cet intérêt de Truffaut pour Flaubert qui m'a donné envie d'étudier leurs points communs. Certains des films de Truffaut évoquent des œuvres de Flaubert. Jules et Jim présente en effet des points communs avec le texte de Flaubert Jules et Henry : une histoire d'amitié de deux garçons en quête de la femme idéale."

Dans quelle mesure vous inspirez-vous des écrits de Flaubert ?

"La trame narrative s'inspire de L'Éducation sentimentale de Flaubert, de la 1er éducation et de la seconde, des mémoires d'un fou et de ses manuscrits. Je m'attache à retranscrire fidèlement son style littéraire, à m'en imprégner complètement. On retrouve les mêmes personnages transposés dans une époque contemporaine : en particulier Frédéric Moreau, M. et Mme Arnoux, Rosanette et Deslauriers mais on croise aussi l'ami de Flaubert, Maxime Ducamp. L'histoire est proche de celle de Flaubert : c'est une histoire d'amour avortée entre Frédéric et Marie Arnoux mais on retrouve en plus l'esthétique de Truffaut ainsi que des extraits des répliques issues de ces films qui font écho aux personnages de Flaubert. De plus, Flaubert, comme Truffaut, est un narrateur omniscient. À la façon de Truffaut qui aimait utiliser la voix off dans ses films, une voix off vient appuyer la narration dans le spectacle."

Qu'est-ce qui vous plaît particulièrement chez Flaubert ?

"J'ai cherché à conserver l'esprit de Flaubert, son style particulier et sa façon de brosser le portrait des gens de sa génération, d'esquisser des types d'homme avec discernement et clairvoyance. Il parvient à raconter la quintessence de l'âme humaine : ses grandeurs c'est-à-dire sa capacité à aimer, son utopie et son enthousiasme mais aussi ses petitesses : ses mesquineries et ses lâchetés. Sa vision du genre humain semble très noire mais en fait il parvient à sublimer. Sa capacité à décrire une scène dans le détail est quasi cinématographique. Comme les cinéastes de la nouvelle Vague, les transitions entre deux scènes sont brutales chez Flaubert et il peut faire de larges ellipses temporelles mais ce qui me fascine particulièrement c'est la musicalité de sa langue."

Pratique. Mardi 17 avril à 20 heures. MDU à Mont-Saint-Aignan. 5 à 12 €. Tél. 02 32 76 93 01

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