Champigny: 11 mises en examen, dont 6 soupçonnés d'avoir frappé la policière

Champigny: 11 mises en examen, dont 6 soupçonnés d'avoir frappé la policière

Des policiers enquêtent le 2 janvier 2018 près des lieux de la soirée clandestine et de l'agression de deux policiers à Champigny-sur-Marne © THOMAS SAMSON [AFP/Archives]

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Onze personnes ont été mises en examen dans l'affaire de l'agression de policiers à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) le soir du Nouvel an, dont six accusées d'avoir roué de coups une policière au sol, une scène filmée qui avait provoqué l'indignation.

Les arrestations de 14 personnes - trois ont été relâchées à l'issue de leur garde à vue - mardi à l'aube, en région parisienne et dans l'Eure, sont intervenues après trois mois d'enquête et d'exploitation de vidéos de l'agression de la policière de 25 ans, devenues virales sur les réseaux sociaux.

La gardienne de la paix était arrivée avec son supérieur sur les lieux de cette soirée de Nouvel an non autorisée qui avait dégénéré, en renfort de policiers en train de procéder à la dispersion de plusieurs centaines de jeunes.

Dans une atmosphère chaotique et de grande tension perceptible sur les vidéos, la policière avait été séparée de son capitaine, projetée au sol, et rouée de coups par plusieurs individus qui s'étaient "acharnés" sur elle selon ses mots. Un peu plus loin, son supérieur avait lui reçu un violent coup de poing au visage. Ses agresseurs n'ont pour l'heure pas pu être identifiés.

Parmi les mis en cause dans l'agression de la gardienne de la paix, trois seulement ont des antécédents judiciaires, a indiqué la procureure de Créteil Laure Beccuau, indiquant que ces jeunes, âgés de 16 à 20 ans, ne se connaissaient pas pour la plupart.

"Il y a eu un effet de groupe", même si "ce ne sont pas des gentils", estime une source proche du dossier.

"Pénalty" à la policière

Tous les mis en cause n'ont pas été retrouvés avait indiqué le matin la procureure lors d'une conférence de presse pour annoncer l'ouverture d'une information judiciaire.

Parmi les six auteurs présumés de coups, placés en détention provisoire, un amateur de boxe de 16 ans, déjà sous contrôle judiciaire pour violence contre une personne dépositaire de l'autorité publique, qui a nié sa participation. Dans le bus du retour après la soirée, il aurait cependant, selon des témoins, raconté comment il avait "mis un pénalty" à la policière.

Un autre se serait vanté d'avoir participé à l'agression sur un site de rencontre, selon la source proche du dossier. On trouve également parmi les agresseurs présumés un jeune volleyeur de 16 ans qui a reconnu les faits, un autre de 19 ans, déjà sous contrôle judiciaire pour vol avec arme, qui a admis avoir porté des coups "sur une personne au sol" mais sans savoir - malgré l'uniforme qu'elle portait - qu'il s'agissait d'une policière. Il a aussi reconnu avoir "détruit" les vêtements qu'il portait ce soir-là après avoir vu la vidéo circuler, selon une autre source.

Un jeune homme de 18 ans, que l'on voit chanter "Allumer le feu" sur la vidéo - un hommage à Johnny Hallyday, décédé quelques semaines auparavant, a-t-il soutenu aux enquêteurs -, nie lui aussi avoir frappé la policière.

C'est un de ses amis, également mis en examen et placé en détention provisoire pour enregistrement et diffusion d'une scène de violence, qui a tourné les images. Il a assuré aux enquêteurs n'avoir voulu filmer que la prestation de son ami, et de ne pas avoir eu conscience de ce qui se jouait autour.

Il a ensuite envoyé cette vidéo à une jeune femme, elle-même mise en examen pour diffusion des images, des faits qu'elle reconnaît.

Trois autres personnes ont été mises en examen pour non assistance à personne en danger, et placées sous contrôle judiciaire. Les suspects nient, et expliquent avoir eu "peur de se faire eux-même frapper", selon la procureure du parquet de Créteil.

La policière agressée, dont c'était le premier poste, n'a toujours pas repris le travail, et souffre d'un "préjudice psychologique intense", notamment du fait de la diffusion à grande échelle de la vidéo, a précisé Mme Beccuau.

Ses agresseurs risquent jusqu'à sept ans de prison.

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