Accès au crédit après un cancer : des chercheurs caennais lancent une grande étude sur les difficultés

Accès au crédit après un cancer : des chercheurs caennais lancent une grande étude sur les difficultés

L'équipe de l'Observatoire régional de la santé de Normandie lance une grande étude sur les difficultés d'accès au crédit après un cancer.

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Par : Marie-Charlotte Nouvellon

A Caen (Calvados), l'Observatoire régional de la santé lance une étude inédite sur les difficultés rencontrés pour contracter un emprunt après un cancer. Pour mener à bien le projet, il lance une campagne de financement participatif qui se clôture mercredi 11 octobre 2017.

Pas toujours facile de se tourner vers l'avenir quand on a traversé un cancer. Souvent, même après des années de rémission, les banques tiquent quand il s'agit d'accorder un prêt à un ancien malade. "Même si la loi a prévu des dispositions pour améliorer la situation, les difficultés sont réelles", présente Pascale Despres, directrice de l'ORS, l'Observatoire régional de la santé.

La double peine pour les patients

C'est à force de témoignage d'association de patients, mais aussi de proches que l'institution a décidé de lancer une étude approfondie sur le sujet. "Nous avions par exemple ici une collègue qui a même caché sa maladie pour pouvoir emprunter et acheter une maison, raconte la directrice. Je connais aussi quelqu'un qui a retardé son diagnostic pour être sûr de décrocher un crédit. C'est dramatique d'arriver à ce genre de situation dans un pays comme la France."

Récemment, une jeune chercheuse, Julie Pasquier, a rejoint l'équipe. Spécialisée en statistiques appliquées à la santé, et bénéficiant en plus d'une formation dans le domaine des assurances, elle semblait tout indiquée pour se lancer sur ce projet. Car cette problématique, à la croisée entre gestion et santé, est encore très méconnue. "J'ai commencé mes recherches bibliographiques, on ne trouve absolument rien sur le sujet!" explique-t-elle.

Financement participatif

Délais trop long, refus, complications administratives… "Même le fait de devoir retourner à l'hôpital 10 ans après son cancer pour retrouver son dossier médical, c'est une double peine pour les patients, poursuit la jeune femme. Pourtant, il y a beaucoup de cancers après lesquels on vit très bien aujourd'hui. C'est par exemple le cas du cancer des testicules: on l'a vers les 18-25 ans mais le patient n'a après pas plus de risque médical que n'importe qui d'autre."

Première étape de l'étude: récolter 3 600 € pour permettre à Julie de consacrer une journée de travail par semaine au dossier. En juin, elle présentera une demande pour une bourse d'étude qui lui permettra de consacrer trois ans de recherche à temps sur le sujet. L''ORS a donc lancé une campagne de financement participatif, "le meilleur moyen de témoigner de l'intérêt des gens et appuyer notre démarche", assure Pascale Despres.


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