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L'Opéra de Rouen mise sur Lolo Ferrari ! Loisirs

"L’histoire de Lolo Ferrari est parfaite pour un opéra."
© Photo David Morganti

L'Opéra de Rouen mise sur Lolo Ferrari !

10h00 - 27 février 2013

Lolo Ferrari est la création contemporaine de la saison au Théâtre des Arts. Un vrai défi pour Frédéric Roels, directeur de l’Opéra de Rouen et librettiste qui intrigue jusqu'au tout-Paris.

Pourquoi avoir voulu créer un opéra contemporain ?

"Il est important de faire des créations contemporaines, parce que l'Opéra de Rouen doit s'inscrire dans l'histoire de la musique qui est en marche. Bien sûr, ce genre de création mobilise beaucoup d'énergie, un budget important, il faut convaincre le public, mais cette démarche est nécessaire. C'est une façon de montrer que le Théâtre des Arts n'est pas qu'un opéra de province et qu'il contribue lui aussi à apporter sa pierre à l'édifice. Et puis, pour cette troisième saison, je voulais marquer le coup avec une création grande forme, un opéra créé particulièrement pour nous".

Qu'est-ce qui vous a donné l'envie de faire un opéra sur un tel personnage ?

"C'est une idée qui  m'est venue après une discussion au sujet d'un documentaire sur la vie de Lolo Ferrari, de la jeune fille née et élevée au sein d'une famille bourgeoise à la femme qu'elle est devenue ensuite, après avoir subi de multiples transformations.
Son histoire est une tragédie. C'est le récit d'une déchéance avec cette dépendance toujours plus grande aux médicaments qui débouche à la fin sur sa mort. C'est une histoire de notre temps et qui pose question par rapport à la place du corps dans notre société. L'idée n'est pas de faire le procès de cette vision, à travers cet opéra, mais de m'interroger en tant qu'artiste".

Le sujet choisi est pour le moins provocateur...

"Oui, mais je n'ai pas voulu faire cet opéra pour provoquer. Je ne l'ai pas pensé en ces termes. J'ai réfléchi en terme d'opéra : car l'histoire de Lolo Ferrari est vraiment un sujet d'opéra. C'est une grande figure tragique. Il est évident que le sujet va susciter des réactions mais ce n'était pas ce que je recherchais en montant cette création.
Depuis le XIXe siècle les compositeurs s'inspirent de l'actualité, de faits divers, pour monter des opéras. C'est ce qu'a fait Verdi pour La Traviata. Chaque époque génère des sujets et des questionnements artistiques. Mais ce n'est pas parce que le sujet est provocateur que le livret ou la mise en scène l'est forcément. Nous n'avons pas fait de mise en scène vulgaire, la chanteuse ne ressemblera pas trait pour trait à Lolo Ferrari. Cela reste une fiction".

Avez-vous le sentiment de prendre un risque ?

"Oui, il y a une prise de risque mais c'est toujours le cas sur une création. Ceci dit, je suis plutôt rassuré à l'heure actuelle après avoir vu ce que cela donne concrètement. Mais il est vrai que l'on ne sait pas comment va réagir le public, ni quel sera ce public. Les premières réactions sont variées : certains trouvent le sujet absurde, d'autres sont intrigués".

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