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L’éco-quartier Matisse, au nord de la ville, est l’un des derniers grands projets urbains réalisés par la municipalité.

Découvrez Grand-Quevilly, la force tranquille

14h00 - 22 janvier 2013 - par T.B

A l’ombre des grands arbres et des imposants immeubles qui bordent ses avenues proprettes, Grand-Quevilly n’a pas d’équivalent sur la rive gauche. Avec ses 25 000 habitants et ses 72 % de logements sociaux, le fief électoral de Laurent Fabius bénéficie d’une image de ville sans grandes disparités, paisible, harmonieuse et verte.

Souvent discrète, la quatrième ville de l’agglomération rouennaise est aujourd’hui considérée comme l’une des plus prisées de la rive gauche. “Autrefois, il était inimaginable qu’un habitant de la rive droite puisse habiter à Grand-Quevilly. Depuis quelques années pourtant, ils sont de plus en plus à vouloir acheter une maison ici”, se réjouit Marc Massion, le sénateur-maire.



11 000 arbres en ville

Pour beaucoup de spécialistes de l’urbanisme, la commune est un bel exemple d’harmonie. HLM, immeubles privés et pavillons alternent sans fracture. Et chaque quartier  ou presque dispose d’un cœur commercial.

Cet équilibre, Grand-Quevilly le doit en grande partie à Tony Larue, maire dans les années 1930 puis au sortir de la guerre (jusqu’en 1995 !), qui avait fait du logement et du vivre-ensemble ses grandes priorités. “Cela fut son choix de construire des logements sociaux en nombre. Si toutes les communes en avaient fait de même après la guerre, il n’y aurait plus de problèmes de logements depuis longtemps”, glisse Marc Massion. Alors, quand la municipalité d’aujourd’hui lance de grands projets, à l’instar de l’éco-quartier Matisse ou de la vaste opération de renouvellement urbain du quartier Kennedy, il s’agit de ne pas tout bouleverser mais de poursuivre cette logique. “Nous avons de toute façon toujours adapté l’offre à la demande”, précise le maire.

Ville post-industrielle, Grand-Quevilly peut s’appuyer sur un atout étonnant : sa verdure. Avec 11 000 arbres au compteur, elle est la commune la plus verte de la Crea. “Cela représente également 89 000 fleurs par an et beaucoup d’entretien”, annonce Marc Massion, pas peu fier, qui rappelle que la ville compte également plusieurs espaces verts (la forêt du Chêne à Leu, le parc des Provinces, une roseraie...). Bref, Grand-Quevilly veut donner l’image d’une commune “bien entretenue”.

Bien desservie par le métro, dotée de grands équipements de loisirs et culturels (Zénith, multiplex, bowling, piscine, théâtre Charles Dullin...), l’ancienne ville-hôte des Chantiers navals de Normandie bénéficie enfin d’un terreau économique dense. Près de 300 entreprises ont élu domicile sur son territoire, dont une bonne partie à l’ouest, dans la zone d’activité du Grand Launay. On y trouve notamment Lincoln Electric, Rubis Terminal ou encore des entrepôts de Ferrero.

Cependant, la zone voit sa croissance gelée par la présence de l’usine à risque GPN, la sœur de la fameuse AZF de Toulouse, classée Seveso. “C’est elle qui prend le plus de place et produit le plus de gêne, estime Marc Massion. Dans la zone, deux entreprises ont fermé récemment mais les locaux restent vides à cause du périmètre Seveso”.


Dans le sillage de Laurent Fabius

A lire certains documents officiels ou présentations de la ville, on pourrait croire que Grand-Quevilly a deux maires. Si c’est bien Marc Massion qui tient les rênes de la municipalité depuis 2000, l’ombre de Laurent Fabius, maire de 1995 à 2000, plane toujours.

Incontestablement, “l’image de marque” de l’ancien Premier ministre, encore premier adjoint avant de devenir ministre des Affaires étrangères, a fait de lui une sorte de “maire honoraire”. Marc Massion, arrivé en 1977 tout comme Laurent Fabius, ne renie pas le statut particulier dont jouit l’ancien président de la Crea. “Nous avons ainsi décidé le budget 2013 ensemble, confie le sénateur-maire. Grand-Quevilly est son repère, c’est là où tout a commencé pour lui”. Dans son fief, Laurent Fabius semble apprécié des habitants. Il faut dire que son poids politique a souvent bénéficié à la ville. “Mais ici, les anciens l’appellent Laurent, tout simplement”, précise Marc Massion.

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