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Des milliers d'objets du Moyen-Age découverts à Rouen Loisirs

Bénédicte Guillot, responsable de l'opération d'archéologie préventive menée rue Verte, à Rouen
© Thomas Blachère

Des milliers d'objets du Moyen-Age découverts à Rouen

17h38 - 30 novembre 2012 - par T.B

Sous l'ancien Institution Rey, là où sera construit un immeuble d'habitations, les archéologues ont mis à jour un impressionnant "dépotoir" du XVIe siècle. Bourré de trésors historiques. Photos.

Le trou béant, invisible depuis la rue, sera bientôt rebouché pour laisser la place aux pelleteuses de Bouygues Immobilier. Rue Verte, à Rouen, à l'endroit de l'Institution Rey, les archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) viennent de boucler deux mois de fouilles intenses. Jusqu'à 8 mètres de profondeur, ils ont mis à jour un ancien dépotoir du XVIe siècle, appelé heurt, alors situé à l'extérieur des remparts de la ville. Une incroyable mine d'objets en tout genre et surtout d'informations sur la vie des Rouennais au temps de François Ier.


Faïences de grandes familles rouennaises

"Avant de faire le diagnostic habituel, on ne s'attendait pas du tout à tomber sur un tel site", confie Bénédicte Guillot, responsable de l'opération à l'Inrap. Sur plusieurs mètres de profondeur, les archéologues ont découvert un amas de fragments et déchets en tout genre. Poteries richement décorées, pavés peints, appeaux en terre cuite, lampes à huile, restes animaux (os, arêtes de poisson, etc.)... "Grâce à tous ces éléments, différents spécialistes vont pouvoir déterminer quel était le niveau de vie et les habitudes des habitants de Rouen dont les déchets se sont retrouvés ici". A priori, au vu de la finesse de certaines faïences et des plats, il est probable qu'il s'agisse des "restes" d'un quartier aisé de la capitale normande, deuxième ville de France à cette époque. Au XVe siècle, la municipalité de Rouen aurait créé cinq heurts pour assainir la cité.

Les archéologues ont d'ores et déjà réalisé quelques découvertes intéressantes, comme ces fragments de Plat de la Passion, rarissime, ou ces bouts d'assiettes aux origines lointaines : Espagne mauresque, Italie... Car Rouen était alors un port de première importance, une porte vers le monde entier. Dans les mois à venir, les archéologues se lanceront dans le long travail d'étude et de synthèse des objets récoltés rue Verte. Et cela promet d'être fastifieux. Près de 300 caisses ont été remplis.

Thomas Blachère

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