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"Le pain reste un produit sacré"

06h00 - 04 novembre 2012 - par J.R

Depuis le 17 septembre, l’Institut national de la boulangerie pâtisserie (INBP), basé à Rouen, a un nouveau directeur : Jean-François Astier.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en arrivant à l’INBP ?

"J’ai été impressionné par l’implication et l’engagement des collaborateurs vis-à-vis de l’Institut. Il existe ici une vraie volonté d’accéder aux plus hautes marches de la profession, quelque soit le niveau du poste. L’attachement à l’établissement est très fort, tout comme la volonté de bien faire. Tout le monde a le sentiment de représenter l’institut national, ce n’est pas rien".

Quelles sont les missions de l’INBP ?

"Notre coeur de métier est la formation aux métiers de la pâtisserie, de la boulangerie et de la chocolaterie, de la fabrication à la surface de vente. Mais nous ne sommes pas une boîte à formation. Plus qu’une école, il s’agit d’un institut. Ici, les formateurs sont parfois présents parfois depuis vingt ou trente ans."

Vous mettez l’accent sur l’humanisme. Concrètement, comment cela se traduit-il ?

"Cela passe par la transmission de l’amour d’un métier et par une attention sur le le bien-être du stagiaire. Est-ce la voie qui lui correspond le mieux ? Les formateurs y sont très vigilants."

Vous accueillez un très grand nombre de travailleurs en reconversion...

"Oui, c’est vrai. Ils viennent du monde des assurances, de la banque, des services... C’est très à la mode de changer de vie après un parcours scolaire ou universitaire réalisé ‘par défaut’. Devenir boulanger ou pâtissier attire car le pain reste un produit sacré dans l’inconscient collectif. Le fait de devenir celui qui fabrique ce 'pain quotidien' est symboliquement fort. Cette quête de sens est d’autant plus importante que certains repères de la société ont disparu ou se sont affaiblis ces dernières décennies. Sauf que l’être humain, justement, a besoin de repères dans cet environnement volatile et mouvant. Chacun désire ressentir son niveau de contribution au sein d’une entreprise. D’où un retour vers des métiers manuels, porteurs de sens".

Comment souhaiteriez-vous faire évoluer l’INBP à l’avenir ?

"L’une de nos voies de développement va consister à former des boulangers-pâtissiers qui puissent passer du stade de l’artisan à celui d’entrepreneur. Nous allons accentuer les formations sur les reprises et transmissions d’entreprises, sur les façons de s’adapter au marché. A l’avenir, nous voulons nous différencier des autres formations. C’est pour cette raison que j’ai décidé de partir à la rencontre des professionnels pour mieux comprendre leur réalité et leurs attentes. L’INBP est une référence, qui reste néanmoins ‘réservée’ à un microcosme. Mon but est de l’ouvrir"

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