Water-polo. Lyna BenKhadda : un été riche en bleu [Interview]

11h00 - 14 septembre 2017

Lyna BenKhadda a vécu sa première sélection en bleu en août dernier. Un souvenir gravé qu'elle compte renouveler d'ici deux ans. - JP

Du 20 au 27 août dernier, Lyna BenKhadda, licenciée aux Marsouins d'Hérouville-Saint-Clair (Calvados), a participé pour la première fois aux championnats d'Europe -17 ans à Novi Sad (Serbie). Rencontre avec cette jeune "pépite"...

À seulement 15 ans, Lyna BenKhadda a été sélectionnée en Équipe de France -17 ans pour participer aux Championnats d'Europe organisés en Serbie. Quatre fois sur six alignée dans le 7 de départ, la jeune demi-centre ou ailière nous raconte cette première expérience... D'où est venue votre passion pour le water-polo ? "J'ai commencé la natation en bébé-nageur à 5 ans. Un jour j'en avais marre de faire des longueurs, et Johann (Paco, l'entraîneur, ndlr) m'a proposé de commencer le water-polo en mixité. Ça m'a plu et depuis j'ai continué. Je m'entraîne environ 4 fois par semaine au club. J'ai pris exemple sur mes coéquipières d'entraînements qui étaient plus vieilles que moi comme Marion Horcholle (1997), Salomé Sabin (1998), Chloé Vincent-Fontanillas (1998), Andréa Danet (1999), et Morgane Le Roux 1999). C'était comme des idoles !" Globalement, vous jouez contre des filles plus âgées que vous, c'est difficile ? "Je joue parfois contre des filles qui ont presque 30 ans, c'est parfois difficile notamment au niveau de la force quand elles tiennent le ballon. Mais ça me permet de progresser en terme de fond, de technique et d'agressivité". Johann Paco : "L'an dernier elle jouait avec les -15 filles et avec l'équipe mixte régionale, du coup c'était intéressant pour elle car elle a fait 40 à 50 matchs en une année, ce qui est énorme en water-polo. Elle a profité du fait que la génération au-dessus d'elle nées en 97, 98, 99 ont joué en Équipe de France, ce qui l'a fait progresser". Vous venez d'entrer au lycée, c'est compliqué d'allier les études et le sport ? "En troisième j'y arrivais bien. Je suis à l'aise à l'école et j'ai de bonnes notes. On verra en seconde. Si j'ai fini mes leçons, je peux aller m'entraîner, sinon non. Mais on s'arrange avec le coach et mes parents pour gérer au mieux l'emploi du temps". J.P. : "C'est elle la chef. Le water-polo ce sont des émotions supplémentaires mais les études sont plus importantes. Après c'est à elle de trouver un bon équilibre entre le sport de haut niveau (et l'Équipe de France) et les études". Vous avez été appelée en équipe de France cet été, comment as-tu réagi ? "J'étais super contente ! Je me souviens, j'allais à l'entraînement, comme d'habitude. Yohann m'a appelé et m'a montré la liste des filles sélectionnées. Mes copines qui sont à Laval le savaient depuis le mois de février, moi on m'a fait la surprise au dernier moment quand la liste officielle est sortie". J.P. : Au club, l'objectif premier n'est pas d'emmener les filles en équipe de France. C'est plutôt personnel car après avoir réussi à emmener plusieurs jeunes chez les bleus, j'ai forcément envie que ça dure. Je suis content pour Lyna et j'ai le sourire quand je vois des photos d'elle en bleu. Il y a eu un stage de préparation avant les championnats d'Europe ? "Oui, c'était à Vittel. C'était à la fois un stage de préparation et de sélection qui a duré presque un mois avec deux entraînements par jour. Le matin vers 9h on avait 1h de préparation physique avec de la musculation et après 1h dans l'eau. Dès qu'on faisait quelque chose de mal, on allait soit courir, soit faire des longueurs. Je ne pensais pas que c'était aussi strict, mais pour l'entraîneur le comportement était primordial. On faisait beaucoup de match 3 contre 3 pour qu'il voit quelles filles se donnaient au maximum". À l'approche de la sélection, vous étiez dans quel état d'esprit ? "J'étais assez stressée, j'avais peur de ne pas être prise même si je me donnais à fond à chaque entraînement. J'ai même pleuré lors du dernier entraînement car j'étais pas satisfaite de moi. L'entraîneur nous a donné la sélection pour partir en Serbie le dernier jour. Il donnait les noms des quatre joueuses non-retenues pour le côté sportif et le nom de la joueuse non-retenue à cause de son comportement. Ils nous ont donné les équipements une par une, c'était trop classe". J.P. : "Elles étaient une vingtaine de joueuses. J'étais assez convaincu qu'elle allait être prise même si elle était pessimiste. Dans tous les cas, elle était prête à rebondir". Vous avez passé 10 jours en Serbie pour la compétition, comment l'avez vous vécu ? "Il fallait donner une bonne image, c'était assez strict. Quand on a chanté l'hymne national c'était génial. J'étais à fond ! Le protocole d'avant match était un beau souvenir car il y avait toujours la même musique pour nous motiver. Quand on faisait la présentation des équipes, on chantait la Marseillaise, on faisait le cri de guerre et on plongeait dans l'eau, c'était mon moment préféré ! Sinon dans l'eau, on devait apprendre de nouvelles techniques car la technique en équipe de France ce n'est pas la même chose qu'en club". Vous avez marqué face à la Serbie, un grand moment, on imagine ? "J'ai marqué contre le pays organisateur, j'étais contente ! C'était le 4e quart-temps, on n'avait toujours pas inscrit de but. Je me suis dit " Allez il faut tenter ! ". J'étais a peu près à 7-8m du but, j'ai fait un lobe (sa spécialité selon son coach, ndlr) et c'est rentré ! Mes coéquipières m'ont félicité ! On a gagné qu'un seul match (contre la République Tchèque, ndlr) mais je n'étais pas forcément déçue car on s'y attendait un peu. On avait une équipe très jeune ou la moitié de l'équipe avait 15 ans, dont je faisais d'ailleurs partie". Qu'avez-vous retiré de cette expérience ? "J'ai vu vraiment ce qu'était le haut niveau. L'objectif est de rattraper ce retard par rapport aux espagnols par exemple. Il va falloir que je nage plus vite, que je sois plus agressive, plus musclée et que je sois plus appliquée techniquement. Je vais devoir être à fond à chaque entraînement. Et au niveau de l'état d'esprit, en Équipe de France c'est différent qu'en club".