Mondial-2018: peur bleue et octobre rouge pour la France

Mondial-2018: peur bleue et octobre rouge pour la France

Les supporters français lors du match nul face au Luxembourg, le 3 septembre 2017 à Toulouse lors de la phase qualificative pour le Montial 2018 © REMY GABALDA [AFP]

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L'équipe de France, après son embarrassant 0-0 face au Luxembourg dimanche, abordera en octobre ses deux derniers matches de qualifications au Mondial-2018, en Bulgarie et face au Belarus, avec la hantise de perdre son petit point d'avance en tête de son groupe.

Un point, c'est tout, voilà le produit de cette étrange séquence de fin août-début septembre 2017, marquée par la gifle infligée aux Pays-Bas (4-0) puis la honte ressentie face au Grand-Duché.

Abandonné à la Suède en juin à la différence de buts, les Bleus ont récupéré leur fauteuil de leader du groupe A (un point de plus que les Scandinaves et quatre sur les Néerlandais). "La réalité comptable aujourd'hui est qu'on est mieux après ces deux matches qu'avant", a souligné Didier Deschamps. Son équipe a désormais de nouveau son destin en mains, sachant que deux victoires lui éviteraient à coup sûr les barrages.

N'empêche: le triomphe face aux Pays-Bas fut évanescent comme un amour d'été, entre le coup de froid suédois (revers français 2-1 en juin) et donc cette luxation offensive, dimanche à Toulouse. Pas vraiment en rapport avec le standing attendu d'un finaliste de l'Euro-2016 à l'effectif constellé d'individualités que s'arrachent les plus grands clubs.

Surtout, le spectre des barrages, qui s'était dissous dans l'orangeade de jeudi, s'est remis à hanter la France du foot, qui se souvient des frissons vécus pour accéder aux deux dernières Coupes du monde: la fameuse main de Henry face à l'Eire (1-0, 1-1 a.p.) avant le Mondial-2010, et le renversement de l'Ukraine (0-2, 3-0) pour aller au Brésil-2014.

Démons bulgares

Ce sera forcément dans l'air bleu au moment du déplacement à Sofia le 7 octobre. Ce rendez-vous mêlera les risques du présent - la Bulgarie a gagné quatre matches sur quatre chez elle (10 buts marqués, 5 encaissés) - aux démons du passé, avec le fameux doublé d'Emil Kostadinov en novembre 1993 au Parc des Princes, privant les Bleus du Mondial-1994.

Ils recevront enfin le Belarus (10 octobre au Stade de France), une nation peu huppée qui vient de reculer à la dernière place du groupe. Mais chez elle, les Bleus avait démarré leur parcours par un 0-0, déjà...

Et ils ne sont pas à l'abri de ressusciter, le cas échéant, d'autres démons encore - la victoire biélorusse 1-0 au "SdF" en septembre 2010 en début de qualifications à l'Euro-2012.

La Suède, elle, accueillera le Luxembourg, avant d'aller défier les Pays-Bas. Elle a fait un faux pas jeudi dernier (défaite 3-2 en Bulgarie) avant de se ressaisir dimanche (4-0 au Belarus): en fera-t-elle un autre?

"J'en ai connu des qualifications difficiles, même après avoir eu un grand titre", a relativisé Deschamps, qui a fait bonne figure, fidèle à son credo de ne céder ni à l'euphorie, ni à la panique.

La question Mbappé

Mais ses choix seront scrutés dans un mois, sachant que le paysage des Bleus sera sans doute remodelé en fonction des états de forme et d'éventuelles blessures.

Sa "frilosité" critiquée en Suède, centrée sur la titularisation de Moussa Sissoko au détriment d'Ousmane Dembélé, a-t-elle ressurgi dimanche, quand il a décidé de sortir Kylian Mbappé au bout d'une heure de jeu? Sur les réseaux sociaux comme dans les tribunes du Stadium, cette décision a interloqué.

Le néo-Parisien jouait "son premier match (comme titulaire, ndlr) depuis un moment", s'est justifié le sélectionneur. Pas sûr que Mbappé ait été plus fatigué que gêné par son positionnement sur l'aile droite, où il a rarement évolué... "Il y a avait beaucoup de joueurs sur les côtés en fin de match et très peu dans la surface de réparation", a noté Yannick Stopyra, ancien attaquant international, dans L'Equipe.

Olivier Giroud, malgré ses états de service en sélection depuis qu'il a succédé à Karim Benzema à la pointe de l'attaque, est resté muet lors des trois derniers matches, ce qui pourrait augurer d'un débat sur son statut d'avant-centre N.1. Surtout si sa situation de remplaçant à Arsenal devait perdurer.

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