Kim Jong-Un: le pouvoir absolu et la bombe H pour l'exercer

Kim Jong-Un: le pouvoir absolu et la bombe H pour l'exercer

Photo fournie par l'agence officielle nord-coréenne KCNA le 2 mars 2017 montrant le leader nord coréen Kim Jong-Un et son épouse Ri Sol-Ju qui visite l'école révolutionnaire de Mangyongdae à Pyongyang © STR [KCNA VIA KNS/AFP/Archives]

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Le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un figure parmi les plus jeunes chefs d'Etat au monde. Mais il exerce un pouvoir absolu et a à sa disposition certaines des armes les plus puissantes de la planète.

L'essai de ce qui semblait être une puissante bombe H dimanche signe une étape de plus dans la campagne que le dirigeant nord-coréen mène sans relâche pour faire de son pays une puissance nucléaire, crédible et crainte.

Chemin faisant, il a complètement ignoré tous les avertissements de la communauté internationale, les sanctions économiques ou les menaces belliqueuses du président américain Donald Trump sur de possibles frappes militaires.

Lorsqu'il a succédé à son père Kim Jong-Il fin décembre 2011, Kim Jong-Un avait alors une vingtaine d'années bien tassées (sa date de naissance exacte n'est pas connue). Les spécialistes le voyaient comme quelqu'un de vulnérable, sans expérience, susceptible d'être manipulé par des gens plus galonnés.

Mais il a rapidement fait ses preuves en écrasant durement toute voix dissonante, y compris au plus haut niveau, tout en adoptant une posture agressive et provocatrice à l'égard de la communauté internationale.

En 2013, il avait fait exécuter son oncle influent, Jang Song-Thaek, accusé de trahison. Il est largement soupçonné d'avoir orchestré l'assassinat spectaculaire de son demi-frère Kim Jong-Nam en Malaisie en février.

Il s'est également montré disposé à s'aliéner la Chine, seul allié d'importance de Pyongyang, en refusant de dévier de sa course aux armements alors que Pékin y est clairement opposé. Il ne s'est toujours pas rendu chez son voisin pour rencontrer le président Xi Jinping.

Après la mort de son père, les observateurs s'attendaient à ce que le jeune dirigeant s'appuie sur une coterie de puissants collaborateurs.

Jean-Claude Van Damme

Mais cette situation n'a guère duré alors que Kim Jong-Un s'employait à abattre tous ceux qui auraient pu représenter une menace.

Après l'exécution de son oncle, plusieurs hauts responsables ont été victimes de purges. En 2016, Kim Jong-Un s'est fait nommer à la présidence d'une Commission des affaires de l'Etat coiffant tous les autres pouvoirs en Corée du Nord, illustrant son contrôle absolu.

M. Kim est le fils de la troisième épouse de son père, Ko Yong-Hi, une danseuse coréenne née au Japon, qui aurait succombé à un cancer du sein en 2004.

Il a fait une partie de sa scolarité en Suisse, où sa tante maternelle Ko Yong-Suk et son mari s'occupaient de lui.

Les personnels scolaires et ses amis, qui d'après la presse ignoraient qu'il appartenait à la famille régnante de Corée du Nord, se rappellent d'un garçon timide qui aimait le ski et les films de Jean-Claude Van Damme.

Dans un entretien avec le Washington Post, Ko Yong-Suk, qui a fait défection en 1998 pour aller aux Etats-Unis, décrivait un garçon colérique manquant de tolérance.

C'était également un grand fan de basketball au point, selon sa tante, de dormir avec un ballon.

Dennis Rodman, l'ancienne star des Chicago Bull, s'est rendu à plusieurs reprises à Pyongyang et est l'un des rares Occidentaux connus à avoir rencontré M. Kim récemment.

Succession dynastique

Dès l'âge de huit ans, Kim Jong-Un savait qu'il deviendrait le patron mais il n'a commencé à faire son apparition sur la scène publique qu'en 2008 avec l'accident vasculaire cérébral de son père. Le régime avait alors accéléré les préparatifs de cette nouvelle succession dynastique.

Kim Jong-Il avait, lui, été préparé au grand jour à assumer un jour le pouvoir, des décennies avant la mort de son père, le fondateur de la Corée du Nord Kim Il-Sung, en 1994.

Malgré son manque d'expérience, Kim Jong-Un s'est montré adepte à la diplomatie du précipice mise en oeuvre par ses père et grand-père, à savoir susciter une série de crises, faire monter les enchères et mettre la communauté internationale au défi de répondre.

Kim Il-Sung est toujours vénéré en Corée du Nord, un état de fait sur lequel semble jouer son petit-fils, lui qui imite sa manière de se vêtir, de se coiffer, ses manières et son élocution, et même son écriture.

Parallèlement, il a pris ses distances avec l'héritage mitigé de son père. Au cours de son règne, une gigantesque famine avait fait des centaines de milliers de morts, peut-être des millions.

Cela fait près de six ans que M. Kim est au pouvoir mais la communauté internationale ne sait pas grand chose de lui. Il ne s'est jamais rendu à l'étranger en visite officielle.

Son mariage n'a été révélé qu'en juillet 2012 avec la publication de photographies d'une jeune femme, Ri Sol-Ju, l'accompagnant à des événements officiels.

La presse sud-coréenne vient de rapporter que le couple a eu un troisième enfant en début d'année.

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