Oeufs contaminés: inquiétudes des consommateurs mais pas de psychose

Oeufs contaminés: inquiétudes des consommateurs mais pas de psychose

Des oeufs sont détruits dans un élevage de poules en Belgique, le 9 août 2017 © KOEN BLANCKAERT [Belga/AFP]

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Quelques inquiétudes, mais pas de psychose: l'affaire des oeufs contaminés au Fipronil réveille chez certains consommateurs européens des suspicions sur la composition de leurs assiettes, mais l'impact sur les ventes est pour l'heure limité.

"Je n'achèterai plus de mayonnaise tant que cette histoire n'aura pas été tirée au clair". Comme plusieurs consommateurs, Hans Grofferbert, un employé fédéral allemand, préfère désormais jouer la prudence lorsqu'il fait ses courses.

Mais pour le moment, la plupart des citoyens européens restent mesurés, voulant croire aux messages rassurants diffusés par les autorités.

"L'article que j'ai lu ce matin disait qu'il n'y avait pas de risques pour la santé, alors je continue à acheter des oeufs", témoigne à l'AFP Jacky Kur dans un supermarché londonien.

Jean, une jeune consommatrice néerlandaise, se sent également en sécurité, après les retraits déjà effectués dans les magasins. "Ils vérifient beaucoup les oeufs", souligne-t-elle.

"Je n'ai pas peur, c'est dans de nombreux produits et s'il faut éviter tous les produits qui contiennent des oeufs, je ne sais pas ce qu'il reste", déclare à l'AFP Else Steenbergen, 28 ans, dans un supermarché du nord des Pays-Bas.

Comme elle, beaucoup de consommateurs ne comptent pas changer leurs habitudes. Certains, déjà adeptes des oeufs bio ou élevés en plein air, se voient simplement confortés dans leurs choix.

Mais l'inquiétude n'est pas totalement absente.

"La prochaine fois que je vais acheter des oeufs, je vais penser à cette histoire, c'est sûr. Mais comment est-ce que je vais réagir, je n'en sais rien", explique à Londres Yanis Philiparis, disant à l'AFP qu'il sera sans doute plus attentif à la provenance des oeufs qu'il consomme.

"Cette affaire remet le doigt sur les risques de fraude avec les denrées d'origine animale" et fait ressurgir chez les consommateurs une certaine méfiance sur le contenu de leurs assiettes, selon la Fédération romande des consommateurs (FRC).

Le distributeur français Système U indique ainsi devoir rassurer quelques clients. "Les gens se posent des questions et nous posent des questions. C'est assez normal lorsque survient ce type d'affaires, il y a toujours un effet psychologique. Surtout quand l'histoire fait la Une des journaux plusieurs jours d'affilée", note auprès de l'AFP le porte-parole de l'enseigne.

Effet psychologique

Néanmoins, ces suspicions restent contenues. "On a eu une dizaine d'appels, c'est loin d'être énorme", indique à l'AFP Michel Biero, un des responsables de Lidl France.

Et plus que des craintes massives pour leur santé, c'est surtout le manque d'informations qui est dénoncé.

"Dans cette affaire, comme dans plusieurs autres par le passé, le public n'a été informé que de manière très parcellaire. Et les consommateurs ont le sentiment d'avoir été laissés en plan", s'insurge Dario Sarmadi, responsable allemand de l'association Foodwatch.

Beaucoup sont notamment "agacés qu'il ne soit pas possible de connaître la provenance des oeufs utilisés dans les aliments composés", ajoute Barbara Pfenniger, responsable alimentation à la FRC.

Néanmoins, malgré ces interrogations, l'impact sur les ventes d'oeufs reste pour le moment limité.

Le distributeur suisse Migros indique ainsi ne pas avoir constaté "d'effets notables sur les ventes".

"Il est encore trop tôt pour savoir s'il y a un impact ou pas", expliquent les fédérations représentatives de la grande distribution en Allemagne (BVLH) et en France (FCD).

Néanmoins, explique Axel Haentjes, membre du BVLH, "à chaque crise alimentaire, on observe toujours une certaine réticence des consommateurs à acheter l'aliment concerné et un petit creux dans le chiffre d'affaires", même si celui-ci reste souvent temporaire.

Lidl France fait ainsi état d'"une légère baisse, de l'ordre de -2%, sur nos ventes d'oeufs élevés en cage".

Mais ce recul apparaît largement compensé par des progressions sur les autres types d'oeufs. "En plein air, bio ou label rouge, il n'y a aucune baisse de consommation, bien au contraire, on est même en rupture de stocks sur certains magasins", explique Michel Biero.

De plus, "la désaffection sur les oeufs élevés en cage était déjà engagée bien avant cette crise. Cette affaire ne fera peut-être qu'amplifier le phénomène", estime le dirigeant.

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