Les Kényans aux urnes pour des élections à couteaux tirés

Les Kényans aux urnes pour des élections à couteaux tirés

Début des opérations de vote pour la présidentielle dans la ville d'Eldoret, au Kenya, le 8 août 2017 © JENNIFER HUXTA [AFP]

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Les Kényans ont commencé à voter mardi matin pour des élections générales âprement disputées et notamment une présidentielle serrée entre le sortant Uhuru Kenyatta et son rival de l'opposition Raila Odinga.

De Kisumu, la grande ville de l'ouest, à Nakuru dans la vallée du Rift en passant par Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, les bureaux de vote ont ouvert leurs portes peu après 06H00 (03H00 GMT), à la satisfaction de milliers d'électeurs qui pour certains attendaient depuis plusieurs heures dans la fraîcheur nocturne, emmitouflés dans des couvertures masaï.

A Kibera, bastion de l'opposition, le bureau de vote de l'école primaire Olympic a ouvert ses portes vers 06H15 et priorité était donnée aux femmes avec des enfants en bas âge. Le vote doit prendre fin à 17H00 locales (14H00 GMT).

"Nous voulons la paix", a expliqué à l'AFP Erita Andrew, une vendeuse de rue de 27 ans qui veut croire que son candidat, M. Odinga, 72 ans, "apportera des changements, nous donnera plus de travail et plus de nourriture à mettre sur la table".

Beaucoup d'électeurs utilisaient la lumière de leur téléphone portable pour éclairer des listes affichées sur les murs et vérifier ainsi dans quels bureaux de vote ils étaient inscrits.

A Gatundu, au nord de Nairobi, où le président Kenyatta accomplira son devoir électoral dans la matinée, Gathoni a expliqué être venu très tôt devant le bureau de vote de l'école primaire Mutomo "afin de pouvoir voter pour mon président préféré".

Spectre de 2007

Quelque 19,6 millions d'électeurs sont appelés à départager le président Kenyatta, 55 ans et fils du père de l'indépendance du pays en 1963 et Raila Odinga, vétéran de la politique kényane et candidat pour la quatrième et probablement dernière fois à la présidentielle.

L'opposition a accusé le pouvoir de préparer des fraudes tout au long d'une campagne acrimonieuse qui a fait ressurgir le spectre des violences électorales de 2007-2008, les pires enregistrées dans cette ex-colonie britannique depuis son accession à l'indépendance en 1963.

L'opposition, déjà emmenée par Raila Odinga, avait crié à la fraude à l'annonce de la réélection du président Mwai Kibaki. Le Kenya avait plongé dans deux mois de violences politico-ethniques et de répression policière, qui avaient fait au moins 1.100 morts et plus de 600.000 déplacés, et traumatisé un pays jusque-là réputé stable.

Lundi, le président a demandé à ses concitoyens de voter en nombre et "en paix", tandis que son rival M. Odinga l'a félicité pour sa campagne et a appelé à ce que "le candidat le plus fort l'emporte".

Outre la présidentielle, les électeurs, répartis dans quelque 41.000 bureaux de vote, doivent élire leurs députés, sénateurs, gouverneurs, élus locaux et représentantes des femmes à l'Assemblée, sous la surveillance de missions électorales de l'Union africaine et de l'Union européenne notamment.

Une fois de plus, c'est la présidentielle, réédition de l'affiche de 2013, qui concentre le plus de passions. Les sondages, quelque peu discordants, augurent d'un duel serré.

Un deuxième tour entre les deux hommes est techniquement possible mais jugé peu probable par les instituts de sondages, qui créditent les six autres petits candidats d'à peine 1% des voix au total.

Identification biométrique

Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d'appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) ont mis sur pied deux puissantes alliances électorales. La capacité de chaque camp à mobiliser ses supporteurs sera l'une des clés du scrutin.

Candidats à un nouveau mandat de cinq ans, le président sortant et son vice-président William Ruto (un Kalenjin), débarrassés en cours de mandat des poursuites devant la Cour pénale internationale relatives aux violences de 2007-2008, ont mis en avant leur bilan économique.

Depuis 2013, le pays a aligné des taux de croissance à plus de 5% et développé ses infrastructures, dont la nouvelle ligne ferroviaire entre Nairobi et le port de Mombasa, sur l'océan Indien.

Raila Odinga a dénigré ce bilan. Se posant de nouveau comme le garant d'une croissance économique mieux partagée, il a dénoncé la hausse des prix des denrées alimentaires, plus de 20% sur un an en mai.

Comme en 2013, le pays utilise un système biométrique d'identification des électeurs et de transmission électronique des résultats. Pour de nombreux observateurs, la crédibilité du scrutin repose sur la fiabilité du système.

En 2013, une partie du système électronique s'était effondrée, alimentant les soupçons de fraude à l'annonce de la victoire, dès le premier tour, de M. Kenyatta. La Cour suprême, saisie par l'opposition, avait validé le résultat.

Le scrutin va donner lieu au déploiement sans précédent de plus de 150.000 membres des forces de sécurité. A Nairobi, des policiers étaient visibles au abords des bureaux de vote et aux carrefours des grands axes, en faction.

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