Cuba Libre à Rouen : un an après l'incendie, la souffrance et l'attente des proches

Cuba Libre à Rouen : un an après l'incendie, la souffrance et l'attente des proches

Des pompiers le 6 août 2016 devant Le Cuba Libre ravagé dans la nuit par un incendie à Rouen (Seine-Maritime) © Matthieu Alexandre [AFP/Archives]

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Par : Aurélien Delavaud

Alors que les proches des victimes s'apprêtent à commémorer l'incendie du Cuba Libre dimanche 6 août 2017, le drame qui a coûté la vie à 14 personnes continue à marquer les Rouennais (Seine-Maritime). Retour sur les faits et sur les procédures en cours.

Il y a un an, dans la nuit du 5 au 6 août 2016, 14 jeunes trouvaient la mort dans l'incendie du bar "Au Cuba libre" à Rouen (Seine-Maritime), un établissement qui dérogeait aux règles de sécurité les plus élémentaires. Un hommage aux victimes, organisé par leurs familles, a lieu ce dimanche 6 août 2017 devant le bar, dont les deux gérants ont été mis en examen.

Le drame a d'autant plus bouleversé la cité normande qu'il est survenu dix jours après l'attentat jihadiste de Saint-Étienne-du-Rouvray, à quelques kilomètres de là. Le maire Yvon Robert (PS) se souvient avoir été réveillé vers 1H00 du matin. "On m'a parlé d'explosion avec plusieurs personnes décédées. Quand on arrive sur les lieux, c'est épouvantable, je ne suis pas prêt d'oublier", soupire-t-il.

L'incendie a ravagé le Cuba Libre, un petit bar très fréquenté de la rive gauche de Rouen, non loin des quais de Seine, exploité par deux frères âgés de 45 et 37 ans.

Porte de secours verrouillée

Au sous-sol, dans une cave prévue pour le stockage, ils avaient aménagé une petite boîte de nuit, non déclarée, et recouvert les murs et le plafond d'une isolation phonique en mousse de polyuréthane, hautement inflammable. C'est là qu'une vingtaine de jeunes, tous âgés de 18 à 25 ans à l'exception d'un homme de 41 ans, s'étaient réunis pour fêter les 20 ans d'Ophélie et le départ de Zacharias, dit "Zac", le DJ du lieu.

Par un escalier très raide, une jeune fille descend le gâteau, avec une bougie "feu de Bengale", qui fait des étincelles. En touchant le plafond, les flammèches provoquent l'embrasement. Des fumées toxiques se répandent instantanément. Treize personnes vont mourir asphyxiées. Une quatorzième, Karima, hospitalisée à Paris, succombera quelques jours plus tard. Plusieurs personnes, six, réussissent à fuir par l'escalier, au prix de graves blessures.

Dans la cave, certains jeunes tentent en vain d'ouvrir la porte de secours qui permet de rejoindre un parking, derrière l'immeuble. Mais elle est verrouillée. D'autres cherchent à se réfugier dans la petite cabine-fumoir, à la recherche d'oxygène, en vain. Au rez-de-chaussée et sur la terrasse installée sur le trottoir, c'est la panique. Les pompiers et le SAMU arrivent sur les lieux et délivrent les premiers soins de l'autre côté de la chaussée. Pour les victimes, emprisonnées dans la cave, il n'y a plus d'espoir.

Procès en 2018 ?

Depuis, la façade orange et bordeaux du bar est devenue un lieu de mémoire. Les noms des victimes y sont affichés avec des dessins d'angelots : Ophélie, Karima, Zacharias, Romain, Julie, Jennifer... Une plaque a également été posée à côté par la mairie en mémoire des victimes. Dimanche 6 août 2017, c'est Naomie, la meilleure amie d'Ophélie, qui organisera l'hommage prévu devant le bar. Elle n'était pas à l'anniversaire. "J'ai été prévenue de sa mort par le commissariat qui avait vu sur son portable tous les messages que je lui avais laissés", raconte-t-elle à l'AFP.

Sur le plan judiciaire, les frères gérants du bar, ont été mis en examen pour "homicides et blessures involontaires aggravées par violation délibérée d'une obligation de sécurité", laissés libres sous contrôle judiciaire. Ils attendent leur jugement en correctionnelle, peut-être en 2018. Ils ont reconnu les faits et encourent cinq ans de prison.

Certaines familles ne comprennent pas qu'ils n'aient pas été placés en détention provisoire. "C'est insoutenable pour elles", assure Dominique Lemiegre, avocat des parents d'une jeune fille décédée dans l'incendie. "Le travail de deuil ne pourra véritablement se faire qu'après un procès public", estime-t-il.

Sur le plan civil, les avocats et les associations de victimes négocient à l'amiable les indemnisations auprès de l'assureur du bar, la compagnie Axa. Depuis le drame, les 24 bars à ambiance musicale de Rouen également classés en 5e catégorie, donc sans contrôle obligatoire, ont été inspectés. Selon le maire, quatorze ont été totalement ou partiellement fermés pour des travaux de mise aux normes.

Avec AFP

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