Les Chorégies d'Orange aux abois en appellent aux pouvoirs publics

Les Chorégies d'Orange aux abois en appellent aux pouvoirs publics

Une scène de l'opéra Aida de Verdi lors du festival les Chorégies d'Orange à Orange, dans le sud de la France, le 30 juillet 2016 © BERTRAND LANGLOIS [AFP/Archives]

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Les Chorégies d'Orange, le festival d'opéra le plus populaire de France avec ses soirées dans le théâtre antique diffusées à la télévision, pourrait mettre la clé sous la porte faute de financement, selon son directeur Jean-Louis Grinda.

"Nous avons eu un refus définitif ce matin de la Société Générale pour un prêt à court terme de 6 mois, et les banques refusent aussi de nous prêter à moyen terme pour faire face au déficit cumulé de 1,5 million d'euros", a indiqué M. Grinda, confirmant des informations parues dans Les Echos.

Les Chorégies d'Orange sont fragiles depuis plusieurs années. Elles sont autofinancées à plus de 80%, ce qui est rarissime pour un festival classique. "Le Festival d'Aix-en-Provence reçoit 8,5 millions d'euros de subvention et nous 900.000", rappelle M. Grinda.

Plusieurs années difficiles, comme 2013 où "Le Vaisseau fantôme" de Wagner a été boudé par le public et où le ténor star Roberto Alagna a annulé un récital ont plombé les comptes.

Mais le problème n'est pas seulement conjoncturel: sur le fond, le festival n'est pas suffisamment doté. "Pour couvrir les frais fixes, c'est-à-dire mettre le théâtre en ordre de marche avant même de payer le moindre chanteur ou musicien, il faudrait 400.000 euros de plus", fait valoir M. Grinda.

"Cela représente 100.000 euros par tutelle (Etat, ville, département, région). L'Etat (330.000 euros) et la Région (250.000 euros) ont certes accru légèrement leur subvention, respectivement de 40.000 et 50.000 euros, mais c'est insuffisant.

"La prochaine saison est suspendue à une décision rapide des tutelles", martèle Jean-Louis Grinda. Un conseil d'administration doit se tenir mercredi matin.

"C'est frustrant, d'autant que nous avons engagé d'importantes économies qui vont porter leurs fruits, que le public est au rendez-vous avec une hausse de 22 à 25% des places vendues et qu'un gros renouvellement est engagé pour l'an prochain", souligne-t-il.

Conscient de l'essoufflement de la programmation, M. Grinda, nommé en mai 2016, prévoit de faire revenir la danse dans le cadre somptueux du théâtre antique avec les Ballets Béjart ("La Flûte enchantée").

Coté opéra, il proposera en 2018 le rare "Mefistofele" de Arrigo Boito créé en 1868 à la Scala de Milan, et "Le Barbier de Séville", oeuvre ô combien populaire mais qui n'a jamais été donnée à Orange.


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