En Chine, les combats violents d'orphelins font débat

En Chine, les combats violents d'orphelins font débat

Deux jeunes garçons s'entraînent aux arts martiaux mixtes (MMA) à Chengdu en chine, le 2 juin 2017 © Fred DUFOUR [AFP]

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Le jeune lutteur âgé de 13 ans commence sa journée à 8 heures du matin. Un petit-déjeuner rapide, puis il s'en va rejoindre une dizaine d'autres très jeunes garçons qui s'affrontent au corps-à-corps dans un gymnase de Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine.

Abieamu, originaire du plateau tibétain, a été "adopté" par le Enbo Fight Club comme beaucoup d'enfants pauvres venus de la même région pour pratiquer les arts martiaux mixtes (MMA), un sport de combat interdit dans plusieurs pays, dont la France.

A coups de poings, à coups de pieds, ces jeunes à peine adolescents, torse nu, se poussent et s'agrippent jusqu'à ce que leur adversaire tombe à terre.

Nombre d'entre eux sont des orphelins originaires de minorités ethniques. Ils ont été mis en relation avec le club par le bureau local des affaires civiles.

Car les activités du club sont globalement approuvées par les autorités. Même si la police locale vient d'ouvrir une enquête à son sujet après la diffusion d'une vidéo qui a fait le tour de la Chine. On y voit deux garçons de 14 ans s'affronter dans un octogone, le ring utilisé lors des compétitions de MMA, entourés par une foule hurlante.

Argent de poche

L'un des deux fait tomber son adversaire, puis lui assène des coups à la tête, alors que ce dernier tente de se recroqueviller sur le matelas.

Des mannequins en bikini encouragent les combattants pendant qu'un animateur chauffe la foule en expliquant que les adversaires "se battent pour leur vie".

"Ces gamins sont plus forts que les vôtres! Leur histoire est plus touchante que celle de vos enfants et ils en ont bavé", hurle-t-il.

Les images ont suscité un débat sur le réseau social Weibo, le "Twitter chinois".

"Inciter des mineurs à se livrer à des spectacles commerciaux violents, sans même les payer, est illégal", dénonce un internaute du nom de Chen Ming.

Mais d'autres font valoir que sans l'aide du club, les enfants seraient à la rue, livrés aux réseaux criminels.

En Bo, le propriétaire du club, assure lui que les enfants sont logés, nourris et vêtus par l'établissement, qui leur donne de l'argent de poche lorsqu'ils remportent un combat.

"Il y a une équipe qui s'occupe de leur santé et de leur sécurité et des enseignants qui assurent leur scolarité", poursuit ce Tibétain, un ancien militaire qui a passé les 18 dernières années à organiser des combats MMA amateurs.

'Pas peur'

Son "Enbo Fight Club" compte quelque 200 membres, dont les enfants ne sont qu'une petite partie. La plupart d'entre eux sont rentrés dans leur région d'origine, où ils poursuivent leur formation sportive, a assuré à l'AFP un entraîneur du club en réponse au tollé suscité par la vidéo.

Les autorités de Chengdu n'étaient pas joignables pour commenter ces informations.

Les cris des spectateurs, les néons blafards, les mannequins court-vêtues, tout cela ne dérange pas en tout cas Jihushuojie, un garçon de 12 ans qui a rejoint le club il y a un an et demi.

"Je n'ai pas vraiment peur d'être blessé", assurait-il à l'AFP lors d'une rencontre le mois dernier. "Avant un combat, je me sens détendu et plein d'énergie."

La Chine compte environ un demi-million d'orphelins, selon des chiffres de 2015. Moins d'un cinquième d'entre eux sont élevés par l'Etat et environ 5% adoptés. Le sort des autres n'est pas clairement établi.

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