Venezuela: pas de décision de la Cour suprême sur la procureure dissidente

Venezuela: pas de décision de la Cour suprême sur la procureure dissidente

La Procureure générale Luisa Ortega, ex-chaviste convaincue et désormais opposante au président vénézuélien Nicolas Maduro, le 4 juillet 2017 dans ses bureaux, à Caracas © Juan BARRETO [AFP]

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La Cour suprême vénézuélienne n'a finalement pas tranché mercredi le sort de la procureure dissidente Luisa Ortega, devenue le visage de la contestation au sein même du camp du président Nicolas Maduro, dans un pays chaque jour un peu plus en crise.

La plus haute juridiction du Venezuela s'était initialement donné cinq jours pour décider ou non si elle allait juger cette femme de 59 ans pour "faute grave", ce qui risquait de donner du grain à moudre à l'opposition, qui manifeste depuis plus de trois mois.

Selon le code de procédure pénale vénézuélien, le délai est de 30 jours pour trancher dans ce genre de dossier, a précisé à l'AFP le pénaliste Jesus Ollarves: "Peut-être qu'ils veulent prendre le pouls de la situation politique avant de décider", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, Mme Ortega, magistrate jusqu'ici considérée comme une fidèle chaviste (du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013) s'était vue interdite de sortie du territoire par la Cour suprême (TSJ), qui avait également gelé ses comptes et avoirs.

"J'entends fermement rester à mon poste pour défendre la démocratie", avait prévenu Mme Ortega dans un entretien à la radio argentine Radio Con Vos, en parlant non d'un procès mais d'une "persécution pénale".

Mardi encore, elle avait assuré ne pas craindre les représailles: "Tout est possible, jusqu'à ce qu'ils lancent un mandat d'arrêt contre moi. Le maximum qu'ils puissent faire est de me tuer, mais je n'ai pas peur".

Mercredi, le président Nicolas Maduro a en filigrane menacé Mme Ortega, en précisant que les complices d'un coup d'Etat contre lui le paieraient de la prison: "Plus tôt que tard, ils paieront de la prison, ceux qui ont été complices de cette impunité criminelle", a insisté M. Maduro, en affirmant avoir de son côté "tenté d'éviter par la voie de la justice la spirale de la mort et de la violence".

Le chef de l'Etat vénézuélien faisait ainsi allusion aux violences qui ont marqué le pays depuis début avril et ces manifestations désormais quasi quotidiennes contre son régime. Le bilan des personnes tuées lors de ces protestations a d'ailleurs encore empiré mercredi, avec une 95e victime.

Le camp du président Nicolas Maduro est actuellement en campagne électorale en vue de la désignation le 30 juillet des membres de l'Assemblée constituante. Celle-ci aura pour mission de refonder la Constitution.

Ce projet est fermement rejeté par les antichavistes, qui y voient une manière de contourner l'Assemblée nationale élue, dominée depuis 2016 par l'opposition, via "un régime copié sur celui de Cuba".

En signe de contestation, celle-ci a prévu dimanche une consultation populaire symbolique sur cette Constituante, dans 1.600 bureaux de vote à travers le pays, et multiplie manifestations et blocages pour accroître la pression sur le gouvernement.

Selon la société de sondages Datanalisis, près de 70% des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante et 80% dénoncent la gestion du chef de l'Etat.

'Risque de défaut'

Le choc des pouvoirs dans ce pays d'Amérique du Sud est incessant depuis janvier 2016, quand la coalition d'opposition de la Table pour l'unité démocratique (MUD, centre droit) est devenue majoritaire au Parlement, mettant fin à 17 ans de majorité chaviste.

Cette crise politique portée par un mouvement de colère populaire survient sur fond de chute depuis 2014 des cours du pétrole qui frappe de plein fouet l'économie vénézuélienne, dont 95% de ses devises proviennent de l'exportation de l'"or noir". Le Venezuela dispose des plus importantes réserves de la planète.

Signe de l'aggravation de la situation économique, l'agence de notation financière SP Global Ratings a abaissé mercredi la note de la dette du Venezuela, à CCC- contre CCC auparavant, jugeant le pays susceptible de se trouver en défaut de paiement d'ici six mois.

"L'abaissement de la note reflète la dégradation des conditions économiques, l'aggravation des tensions politiques, y compris au sein du camp chaviste au gouvernement, et la détérioration de la situation du gouvernement en matière de liquidités", a expliqué l'agence dans un communiqué.

SP envisage donc d'abaisser encore la note du Venezuela à moyen terme, "ce qui reflète un risque de défaut (...) lors des six prochains mois, si les conditions ne s'améliorent pas de façon significative et inattendue au Venezuela".

L'agence craint que le pays ne puisse plus se financer à l'international et soit donc incapable de rembourser sa dette.

"Sans nouveau financement extérieur qui soit conséquent, nous nous attendons à ce que le gouvernement ait des difficultés à rembourser quelque 2,8 milliards de dollars de dette pour le second semestre 2017 et quelque sept milliards de dollars pour 2018", a prévenu SP, qui table sur une contraction de 6% du PIB cette année.

"L'affaiblissement des institutions, le mécontentement de plus en plus marqué au sein de la population (...) réduisent encore la capacité du Venezuela à faire face aux problèmes pressants sur le plan économique et social", a prévenu SP.

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