Affaire Grégory: les zones d'ombre de la soirée du 5 novembre 1984

Affaire Grégory: les zones d'ombre de la soirée du 5 novembre 1984

Murielle Bolle dans son jardin de Granges-sur-Vologne dans les Vosges, le 21 juin 2017 © PATRICK HERTZOG [AFP/Archives]

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Après avoir incriminé Bernard Laroche pour l'enlèvement du petit Grégory, Murielle Bolle a-t-elle été violentée dans sa famille avant de se rétracter? Trente-deux ans plus tard, le déroulé et les témoins de la soirée du 5 novembre 1984, centrale dans l'enquête, font débat.

Cette femme de 48 ans, mise en examen pour enlèvement suivi de mort, qui a entamé jeudi une grève de la faim en prison pour "dire son innocence", n'avait que 15 ans à l'époque. Le point sur les éléments, anciens et nouveaux, que l'accusation fait valoir et que la défense conteste tout en réclamant la libération de la suspecte: ses avocats déposeront lundi une nouvelle demande de remise en liberté.

Ce qui figurait déjà dans le dossier

Après une première version jugée non convaincante par les enquêteurs, l'adolescente avait dit aux gendarmes qu'elle était dans la voiture de son beau-frère Bernard Laroche, passé prendre Grégory le 16 octobre 1984, jour de sa mort, avant de le déposer, pensait-elle, chez des amis des Villemin.

Le 5 novembre, Murielle Bolle réitère ces déclarations devant le juge Jean-Michel Lambert, qui inculpe Bernard Laroche. Mais le lendemain, après une nuit en famille, elle revient accompagnée de sa mère pour se rétracter, affirmant avoir parlé sous la menace des enquêteurs.

Dans son arrêt de 1993 innocentant Christine Villemin, la cour d'appel de Dijon considérait comme "établi" que Murielle Bolle avait été "malmenée" ce soir-là, "secouée" notamment par sa soeur, Marie-Ange, femme de Bernard Laroche - libéré en 1985, puis tué par le père de Grégory. Des témoins de la scène avaient fait état de pleurs et d'une "crise de nerfs".

Convaincue que l'adolescente avait dit la vérité aux gendarmes, la justice estimait cependant "impossible" de l'inculper en l'état, écartant toute "intention criminelle" quand bien même elle aurait "facilité" l'enlèvement en accompagnant son beau-frère.

De nouveaux témoignages

Présenté désormais par l'accusation comme un témoin capital, un cousin de Murielle Bolle affirme avoir assisté à la soirée du 5 novembre 1984 chez les Bolle. Il y aurait vu la jeune fille frappée et insultée par ses proches, selon son audition dévoilée par Le Figaro.

Cet homme de 54 ans précise qu'il avait porté un repas "en douce" à l'adolescente quand elle fut jetée dehors. Elle lui aurait alors confié avoir dit la vérité aux gendarmes.

Ce témoin, qui n'avait jamais été entendu jusqu'à présent, s'est manifesté après avoir appris par les médias l'arrestation, à la mi-juin, de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, soupçonnés d'être les fameux "corbeaux" de l'affaire et mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort.

L'accusation s'appuie aussi sur d'autres éléments récents, dont un enregistrement d'une conversation entre l'infirmière de la mère de Murielle Bolle et Jean-Marie Villemin, qui conforterait aussi la thèse des violences familiales ayant conduit à la volte-face.

Balayés par la défense

Un des avocats de Murielle Bolle, Me Christophe Ballorin, qualifie le cousin de "mythomane" et ses déclarations de "tissu d'inepties", affirmant avoir "des éléments objectifs" pour le prouver.

La défense conteste formellement qu'un avocat, décédé depuis, ait pu prendre part à la soirée familiale de 1984, comme ce nouveau témoin l'affirme.

Me Gérard Welzer, défenseur historique de la famille Laroche, travaillait avec cet avocat à l'époque et confirme que Me Paul Prompt n'était arrivé dans les Vosges que le 8 novembre, lui-même ayant rencontré Bernard Laroche le 6, au lendemain de son incarcération. La veuve du conseil a dit la même chose au Figaro.

Mais la défense va plus loin: Murielle Bolle n'aurait pas passé la nuit chez ses parents ce soir-là, mais chez une tante, et sa rétractation tiendrait davantage à une prise de conscience des conséquences de ses déclarations que de pressions familiales.

Me Welzer considère en revanche qu'il y a bien eu "dérapage" des gendarmes lors de la garde à vue de l'adolescente, en l'absence d'avocat selon la législation de l'époque.

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