Procès pour dopage dans le cyclisme : "le vélo m'a volé mon mari"

Procès pour dopage dans le cyclisme : "le vélo m'a volé mon mari"

L'audience se tient dans une salle du tribunal de la presqu'île de Caen (Calvados), ce mardi 4 juillet 2017.

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Par : Maxence Gorréguès

Onze prévenus sont jugés devant le tribunal de Caen (Calvados), mardi 4 juillet 2017. La matinée d'audience a permis de mieux cerner les pratiques des protagonistes de ce réseau local, bien implanté dans le cyclisme amateur de 2007 à 2010.

D'emblée, le président du tribunal a dressé son plan de table, mardi 4 juillet 2017. Pour s'y retrouver entre tous les prévenus, il les a répartis en quatre groupes, laissant le désormais célèbre Bernard Sainz, alias docteur Mabuse, seul dans l'un d'entre eux. Il est poursuivi pour "aide à l'utilisation de substance ou méthode interdite aux sportifs dans le cadre d'une manifestation sportive".

Un médecin confus

Tout au long de la matinée, les prévenus ont été confrontés aux faits, à l'image de la femme d'un coureur décédé en 2014 après avoir fait un malaise suite à l'absorption d'un produit illicite. "J'ai perdu mon mari à cause du vélo", a-t-elle expliqué en larmes à la barre, reconnaissant avoir revendu des substances dopantes et être allé chercher à de multiples reprises des produits auprès du médecin de son époux.

Ce même médecin, établi à Flers (Orne) a dans le passé déjà été condamné à payer plus de 10 000 euros d'amende pour une fausse prescription. Cette fois la justice lui reproche son aide à l'acquisition de produits dopants, via la délivrance d'ordonnances notamment. Lui s'est défendu en disant qu'il ne connaissait pas les pratiques dopantes de son patient. "Je découvre qu'il est un pivot dans ce trafic. Il a bénéficié de ma compassion". Des propos rapidement sanctionnés par le procureur qui a rappelé que trois ordonnances ont clairement été prescrites pour obtenir des stéroïdes anabolisants, sans lien avec une pathologie précise.

"J'avais l'intime conviction qu'il fallait se doper pour passer pro"

"Tout ça se passait entre coureurs, sans pressions extérieures, a exposé l'un des prévenus âgé de 29 ans, originaire de Cheux (Calvados). J'avais l'intime conviction qu'il fallait se doper pour passer pro, et comme c'était mon rêve..." De quoi alimenter la demande au sein de ce réseau surnommé le Médi-14. Le président a laissé entendre qu'il n'y voyait pas un "réel business en bande organisé", mais le fruit de pratiques illicites entre connaissances et amis. L'audience doit se poursuivre une bonne partie de l'après-midi.


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