Après Macron au Congrès, Philippe passe au "discours de la méthode"

Après Macron au Congrès, Philippe passe au "discours de la méthode"

Le Premier ministre Edouard Philippe à Nancy le 1er juillet 2017 © François LO PRESTI [AFP/Archives]

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Au lendemain de l'intervention solennelle d'Emmanuel Macron au Congrès de Versailles, le Premier ministre Edouard Philippe décline mardi "le discours de la méthode" de l'exécutif, notamment sur les volets économique et social, où le chef de l'Etat ne s'est guère aventuré.

Voilà près d'un mois que l'ancien maire LR du Havre peaufine avec ses conseillers la déclaration de politique générale qu'il prononcera à 15H00 à la tribune de l'Assemblée nationale, pour le premier grand discours de celui qui était, il y a moins de deux mois, un inconnu du grand public.

"Le président va fixer le cap lundi. Et moi j'expliquerai mardi comment on atteint ce cap", résumait ce week-end le Premier ministre en marge du séminaire gouvernemental à Nancy.

"Ca sera un discours de la méthode, un discours politique d'exécution: ce qu'on va faire, comment on peut le faire et, ce qu'a déjà largement expliqué le président, pourquoi on va le faire. C'est, même si le terme est souvent galvaudé, un discours pédagogique", avance l'entourage du chef du gouvernement.

L'annonce du discours présidentiel à Versailles avait laissé planer le risque d'un discours d'Edouard Philippe complètement phagocyté par un chef de l'Etat accusé d'"hyperprésidentialisation".

Mais le jeune chef de l'Etat s'est finalement cantonné aux domaines réservés: institutions, international, dans un discours très solennel centré sur les valeurs. Chargeant son numéro deux de "donner corps" à sa vision.

Le discours d'Edouard Philippe, même s'il publie mercredi un livre sur la littérature, sera "concret, volontairement terre à terre", selon son entourage, avec un langage de "vérité".

Les précédentes déclarations de politique générale ont été relues avec attention, notamment celles de Michel Rocard, dont l'étudiant Philippe était un admirateur, et évidemment celle d'Alain Juppé, son mentor.

Doivent occuper une large place l'économie, le social, mais aussi les finances publiques, sujet aride rendu encore plus délicat après l'avertissement de la Cour des Comptes sur la situation budgétaire au sortir du quinquennat Hollande.

Pour éviter un dérapage, l'exécutif doit combler un trou de huit milliards d'euros afin de rester à son objectif de 3% de déficit.

Le Premier ministre "fixera des priorités, il crée un agenda, avec un calendrier, des chiffres et une méthode: tout n'est pas arbitré au détail près mais, en matière budgétaire, il y aura quelques pistes", le détail devant suivre d'ici fin juillet lors d'un débat budgétaire, explique-t-on à Matignon.

La confiance, largement

"Mais personne ne peut dire +moi, on ne me touche pas parce que je suis prioritaire+", prévient-on encore, quand la Défense ou encore l'Education espéraient être épargnées par le tour de vis.

Si la voie s'annonce ardue sur le fond, le Premier ministre pourra en revanche avancer très sereinement vers le vote de confiance qui suivra son discours et les interventions des représentants des groupes parlementaires.

Edouard Philippe est déjà assuré du soutien des 314 députés du groupe La République en marche (hors six élus nommés au gouvernement et pas encore remplacés) et des 47 députés MoDem.

Mais d'autres groupes pourraient aussi voter pour ou s'abstenir, comme les "constructifs" LR-UDI (35 députés), qui souhaitent accompagner les réformes d'Emmanuel Macron.

Une poignée d'élus de gauche, comme les PS Guillaume Garot et David Habib ou le divers gauche Olivier Falorni, entendent également voter la confiance.

Au total, le gouvernement Philippe pourrait donc obtenir une très large majorité, autour de 380 voix, un niveau qui n'a plus été atteint depuis les gouvernements Raffarin (374 voix en 2002 et 2004) mais qui restera loin du record du gouvernement Juppé (464 voix en 1996).

Dans l'opposition, La France insoumise, avec ses 17 membres emmenés par Jean-Luc Mélenchon, devrait voter unanimement contre, comme les 11 élus communistes du groupe Gauche démocrate et républicaine, qui siègent avec cinq ultramarins. Les huit députés FN voteront contre.

Si le groupe LR votera contre pour marquer son appartenance claire à l'opposition, quelques-uns de ses 100 députés devraient s'abstenir.

Le groupe Nouvelle Gauche (ex-PS, 31 députés) choisira, mardi matin, entre "vote contre et abstention", selon leur chef de file Olivier Faure. Mais il y aura une liberté de vote.

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