Calvados l'aide à domicile achète la maison d'un octogénaire Alzheimer avec l'argent de celui-ci

Calvados l'aide à domicile achète la maison d'un octogénaire Alzheimer avec l'argent de celui-ci

Le tribunal de grande instance de Caen (Calvados)

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Par : Joëlle Briant

En 2009, une femme devient auxiliaire de vie d'un sexagénaire, âgé aujourd'hui de 82 ans. Huit ans plus tard, 53 000 euros se sont volatilisés de ses comptes et l'homme lui a vendu sa maison, qu'elle va payer avec l'argent de ce dernier. Elle et son mari ont comparu le mardi 6 juin 2017 devant le tribunal de grande instance de Caen (Calvados).

Mardi 6 juin 2017, Cyrille Hie, âgée de 45 ans, et son époux, Olivier Hie, âgé de 49 ans, ont été jugés par le tribunal de grande instance de Caen (Calvados) pour abus de faiblesse.

Chèques, achats, retraits et assurances-vie

Lorsque la femme vient l'aider dans son quotidien, l'homme s'en réjouit car il la connaît et lui accorde toute sa confiance. Sans enfant, il a parfois la visite de sa nièce qui n'exerce aucune ingérence dans sa vie. Jusqu'au jour où, en 2016, à l'occasion de l'hospitalisation de ce dernier, cherchant chez lui des papiers elle se rend compte que deux chèques de 3 000 euros ont été libellés avec inscrit sur le talon "A redonner en liquide". Étonnée, elle se renseigne à la banque où elle apprend que son oncle a demandé une carte de retrait, ce qui ne lui ressemble pas.

En décembre 2015 trois retraits de 350 euros sont également effectués ainsi que quatre chèques pour plus de 700 euros d'achats chez Leclerc.

Enfin les investigations mettent à jour trois assurances vie rachetées pour une valeur totale de 41 000 euros.

Paroxysme du cynisme

L'avocate de la partie civile parle de "paroxysme du cynisme" en évoquant l'achat de la maison de la victime par la prévenue et son mari pour la somme de 22 000 euros (valeur réelle 100 000 euros) avec l'argent "emprunté" à celui-ci ! À barre, la femme affirme avoir toujours entretenu de bonnes relations avec la victime, continuant à venir l'aider après avoir quitté son emploi d'aide à domicile. "Je retirais l'argent qu'il me demandait de retirer et lui donnais en liquide. Il en faisait ce qu'il voulait, ça ne me regardait pas." Quant à la maison, elle certifie qu'il souhaitait la lui offrir mais qu'elle n'a pas voulu accepter. "Alors il m'a proposé de me prêter l'argent et mon mari et moi nous apprêtions à prendre un crédit pour le rembourser." Propos qui feront s'emporter le président "Vous êtes indécents ! Vous l'avez dépossédé !"

Reconnu atteint de la maladie d'Alzheimer

En 2009, la maladie d'Alzheimer était déjà pressentie chez la victime et sera confirmée après évolution en 2016. Pour la prévenue, l'homme s'est toujours montré en pleine possession de ses moyens.

Le procureur souligne l'incohérence de la situation : "Cette femme qui avait la main mise sur tous les éléments de son quotidien, en témoigne l'infirmière, semble en fait ne pas savoir grand-chose ! Quant à l'état de santé de la victime, elle ne pouvait ignorer sa vulnérabilité puisqu'elle a été embauchée à cause de cela ! "

Condamnés à des peines fermes

Des peines d'emprisonnement fermes sont requises à l'encontre du couple. La défense signifie que rien ne prouve que l'argent liquide ait profité aux prévenus. Simplement accepter l'achat de ce bien immobilier dans ces conditions était une erreur.

Cyrille Hie écope de 3 ans de prison dont 2 ans fermes. Olivier Hie écope de 18 mois de prison dont 9 mois fermes. Ils devront s'acquitter de 53 000 euros de dommages et intérêts et de 1 000 euros de frais. Tout contact avec la victime leur est interdit.


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