Londres: comment "Abs" est devenu "terroriste"?

Londres: comment "Abs" est devenu "terroriste"?

Des policiers à Barking, dans l'est de Londres, le 5 juin 2017 © Daniel LEAL-OLIVAS [AFP]

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Sous le choc des perquisitions, les habitants des quartiers modestes de l'est londonien où auraient résidé les auteurs de l'attentat sanglant à Londres tentent de comprendre comment le "sympathique" père de famille "Abs" et ses complices sont devenus "terroristes".

"On l'a souvent vu par ici", a expliqué à l'AFP Salahudeen, un moniteur d'auto-école de 40 ans qui vit près de l'appartement perquisitionné dimanche dans le quartier multi-culturel de Barking.

C'est là qu'aurait habiter Abdul, surnommé "Abs" à la salle de fitness locale, dit Michael Mimbo, 25 ans, un jeune habitant du quartier qui pense que l'assaillant était originaire du sous-continent indien.

"Il était sympathique mais soudain il a changé ses habitudes, il n'agissait plus comme d'habitude. Il n'était pas agressif. Mais, dernièrement, lui qui avait l'habitude de bavarder ne disait plus que bonjour-bonsoir", confie Salahudeen.

La photo des assaillants abattus s'affichait en une de la presse britannique lundi, avec l'un d'entre eux, au premier plan, présenté comme leur chef: un homme barbu, cheveux très courts, portant un pantalon de treillis militaire et une ceinture explosive factice. La police a demandé aux médias de ne pas divulguer son identité complète pour ne pas nuire à l'enquête.

'Ca fait très peur'

Michael Mimbo affirme avoir vu circuler dans le quartier à partir de vendredi dans le van loué par le trio et abandonné après avoir foncé dans la foule sur London Bridge. Et samedi, vers 19H45, il remontait la rue "avec un autre véhicule rouge derrière lui", explique-t-il. Soit un peu plus de trois heures avant l'attaque.

La police a arrêté 12 personnes dimanche à Barking, sept femmes et cinq hommes âgés de 19 à 60 ans. Un homme de 55 ans a ensuite été relâché sans être poursuivi.

Lundi matin, deux nouvelles perquisitions ont eu lieu à Newham et Barking. "Un certain nombre" de personnes ont été interpellées, a indiqué la police, sans plus de précision.

Relégués derrière le cordon de sécurité qui entoure l'une des maisons ciblées, les voisins étaient encore abasourdis lundi matin, en attendant que les forces de l'ordre terminent leur travail.

"J'ai eu vraiment peur", avoue Valentino Herman, qui habite la maison en face. Réveillée en sursaut à 04H30 (03H30 GMT) par un énorme fracas, son premier réflexe... a été d'appeler la police, qui de fait intervenait en force de l'autre côté de la rue.

"Trois personnes ont été emmenées", selon ce qu'il a pu observer, deux hommes et une femme.

Selon deux jeunes vivant dans une maison mitoyenne, six adultes habitaient dans la maison. "C'était des Pakistanais, passés par la Grèce ou quelque chose comme ça", confie l'un deux, un jeune homme qui a préféré ne pas donner son identité. "Une famille musulmane", ajoute-t-il, installée depuis plusieurs années mais à laquelle il n'a jamais adressé la parole.

Visiblement discrète, la famille avait peu de contact avec les voisins que l'AFP a rencontrés.

"Ca fait très peur. On trouvait déjà que la précédente perquisition était bien proche de chez nous, celle-ci l'est encore plus", s'inquiète Sonam Chamdal, 21 ans, dont la mère tient l'épicerie au bout de la rue. Le quartier, multi-ethnique, "tranquille et calme" selon les habitants interrogés, compte une forte communauté pakistanaise.

Une autre perquisition s'est tenue dans un garage spécialisé dans les pneus, près d'une voie rapide au sein d'une zone industrielle. L'accès au petit garage et à l'habitation adjacente, peu entretenus, était encore barré par deux cars de police lundi matin, a constaté une journaliste de l'AFP.

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