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G20: le gouvernement Trump confronté à l'ordre économique mondial

G20: le gouvernement Trump confronté à l'ordre économique mondial

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaeuble et le Secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin lors d'une conférence de presse le 16 mars 2017 à Berlin

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Pour la première fois, le gouvernement de Donald Trump va se frotter in vivo à l'ordre économique mondial vendredi et samedi à Baden-Baden lors d'un G20 Finances qui augure d'échanges tendus sur la question du libre-échange.

Depuis l'accession au pouvoir de M. Trump en janvier, ses positions iconoclastes sur le commerce international ou les taux de change n'avaient pas vraiment été confrontées à la réalité géopolitique et diplomatique.

Le moment est désormais venu et cela va se jouer dans la bucolique station thermale allemande, non loin de la frontière française, lors d'une réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux des pays les plus puissants du monde.

Le Secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin va ainsi participer à sa première réunion multilatérale et devra essayer de mettre en musique les orientations de son président, à rebrousse-poil de la doctrine du G20, bâtie sur un axiome libre-échangiste.

La tension est réelle. Dans une démarche inhabituelle, la chancelière allemande Angela Merkel et le président chinois Xi Jinping ont convenu jeudi par téléphone de "promouvoir le libre-échange", selon un communiqué de la chancellerie.

Les deux dirigeants entendent "poursuivre dans la confiance le travail commun, en particulier dans le cadre de la présidence allemande du G20", a précisé le porte-parole de Mme Merkel.

'Ce n'est pas simple'

Les ministres des Finances ont deux jours pour s'accorder sur un communiqué final. Cette profession de foi libérale définit quelques grands principes et doit aussi faire avancer des dossiers au long cours tels que la lutte contre l'évasion fiscale ou la régulation financière par exemple.

Chaque mot de ce communiqué va faire l'objet de négociations, de propositions en contre-propositions, et samedi après-midi toute modification de vocabulaire de la doctrine du G20 sera commentée et perçue comme un "effet Donald Trump".

Les "sherpas", ces assistants de haut-niveau épaulant les ministres, se sont réunis mercredi et jeudi pour déminer au maximum le terrain. La tâche est apparemment ardue.

"Ce n'est pas simple", explique une source proche des négociations.

Selon des informations du quotidien économique allemand Handelsblatt, il y a eu un désaccord dès mercredi soir sur la question du libre-échange, certains pays voulant mentionner explicitement le libre-échange, mais les Etats-Unis refuseraient de prendre position contre le protectionnisme.

Le rejet du protectionnisme est une formule utilisée de longue date dans les communiqués du G20.

Pas de guerre commerciale

L'hypothèse que les ministres décident de ne pas trancher sur le sujet a même été avancée, renvoyant la responsabilité de la décision au sommet des chefs d'Etat de Hambourg en Allemagne en juillet, ce qui signale une importante fracture entre les Etats-Unis et leurs partenaires.

"Je crois possible que les Etats-Unis ne soient pas dans la capacité de dire aujourd'hui quelle est leur volonté, au-delà des déclarations simplistes dans le cadre d'un tweet", a déclaré à l'AFP le ministre français des Finances Michel Sapin, peu après son arrivée à Baden-Baden, en référence à l'habitude de M. Trump d'exprimer sur Twitter des positions politiques tranchées.

La marge de manoeuvre de M. Mnuchin est en effet sans doute assez étroite.

"Notre désir n'est pas d'entrer dans des guerres commerciales", a assuré M. Mnuchin jeudi à Berlin, à l'issue d'une rencontre avec le ministre allemand Wolfgang Schäuble.

Le grand argentier allemand a qualifié de son côté cette première prise de contact avec son homologue américain de "bon départ", même si les deux hommes ne sont pas "d'accord sur tous les points".

"Nous n'allons pas régler tous les problèmes à Baden-Baden", où se tient vendredi et samedi la réunion du G20, a-t-il admis, mais nous avons "une position commune claire sur le fait que nous voulons régler les problèmes ensemble", a-t-il dit.

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