Au Yémen, des artistes disent non à la guerre sur les murs de Sanaa

Au Yémen, des artistes disent non à la guerre sur les murs de Sanaa

Bravant les miliciens chiites, des artistes yéménites ont peint sur les murs de l'Université de Sanaa les horreurs de la guerre qui ravage leur pays depuis trois ans, mais aussi leurs espoirs de paix. 

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Bravant les miliciens chiites, des artistes yéménites ont peint sur les murs de l'Université de Sanaa les horreurs de la guerre qui ravage leur pays depuis trois ans, mais aussi leurs espoirs de paix.

Des peintures représentant un avion tirant des missiles ou une carte du Yémen dégoulinant de sang côtoient des graffitis d'un soldat pointant son arme sur des coeurs et, plus loin, un bouquet de roses rouges.

Le temps d'une journée, le mur sud de l'enceinte de l'Université de Sanaa a servi de musée à ciel ouvert, attirant de nombreux habitants de la capitale fatigués par la situation dans leur pays.

"Je suis ici avec ma famille pour exprimer mon ras-le-bol de la guerre", affirme à l'AFP Fouad, l'un des visiteurs, qui confie que l'évènement représente pour lui "une bouffée d'oxygène".

Pour sa femme Myriam, ces peintures sont un moyen de se détacher de l'état d'esprit qui les hante.

Depuis l'intervention en mars 2015 de la coalition militaire arabe conduite par l'Arabie saoudite en soutien au gouvernement face aux rebelles qui se sont emparés de Sanaa en septembre 2014, le conflit au Yémen a fait près de 7.700 morts et plus de 42.500 blessés, selon l'ONU.

Le pays est actuellement le théâtre de la "pire crise humanitaire au monde" et est confronté à "un grave risque de famine", mettent en garde les Nations unies.

Les rebelles chiites Houthis, alliés aux partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, quadrillent la capitale mais le collectif d'artistes menés par Mourad Soubaye ont insisté pour organiser leur "Journée de l'art".

Messages de paix

Ils n'ont pas non plus cédé aux miliciens en armes qui leur ont demandé d'inscrire à côté de leurs fresques "Non à l'agression", sous entendu "l'agression saoudienne", même si la phrase a tout de même fini sur les murs de l'université, écrite par les Houthis eux-mêmes.

"Pas de rêves", a tracé à la peinture noire sur un pan de mur une jeune artiste, avant de s'assoir au sol sous une fresque représentant trois soldats lourdement armés.

"C'est une journée pour la paix, contre la violence et la guerre", a résumé à l'AFP M. Soubaye alors qu'un artiste peignait l'image d'un homme à la bouche cousue, pour témoigner de la difficulté de rejeter ouvertement les violences.

Mais les organisateurs ont tenu à souligner dans un tract adressé aux habitants de Sanaa qu'ils ne prenaient pas position dans le conflit. "Au moment où la guerre divise, l'art réunit au-delà des frontières et des barrières", ont-ils écrit.

Cette journée est l'une des rares manifestations échappant à l'endoctrinement ambiant. Elle fait suite à une autre manifestation, tout aussi rare, celle d'un sit-in de femmes de trois jours mardi à Sanaa, contre la guerre.

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