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Embellie de l'école à domicile aux Etats-Unis

Embellie de l'école à domicile aux Etats-Unis

Des enfants américains qui étudient à domicile à Washington, le 24 février 2017

Le

Tandis que son aîné de neuf ans conjugue des verbes français avec un prof particulier, Emily Bradley guide son fils de trois ans dans les méandres de l'élocution tout en surveillant sa fille qui se creuse les méninges sur un problème de maths.

Aucun de ses quatre enfants n'a jamais fréquenté une école. Et elle a bien l'intention que ça continue, cherchant à personnaliser leur éducation en y insufflant une dimension chrétienne.

Quelque 1,8 million d'enfants américains sont scolarisés à domicile, un groupe qui s'étoffait déjà avant l'élection de Donald Trump mais dont l'approche pourrait séduire un plus grand nombre après la nomination de la très controversée Betsy DeVos comme ministre de l'Education.

"Je ne pense pas que le système éducatif américain soit très bon. Je peux faire mieux", estime Mme Bradley, 36 ans. Elle n'est pas pro-Trump mais "est en faveur des alternatives à l'éducation", préconisées par Mme DeVos.

Sa progéniture participe chaque semaine avec une vingtaine d'autres familles de Washington pratiquant la scolarité à la maison à des cours offrant "une vision biblique du monde".

Dans la Virginie voisine, quelque 350 familles adoptent une démarche similaire en enrichissant leur programme maison avec des cours d'enseignants - laïcs - au Compass Homeschool Enrichment.

Ces classes ont vocation à dissiper des critiques fréquentes envers l'école à domicile: qu'elle limite la sociabilisation des enfants et que les plus grands ont besoin de cours professionnels dans des matières spécialisées.

Environ 3,4% des élèves américains suivaient un enseignement chez eux en 2012, d'après le Centre national des statistiques dans l'éducation. Soit plus du double de 1999.

Si de nombreux précurseurs justifiaient leur choix par des motifs religieux, trois-quarts des familles citent aujourd'hui leur insatisfaction face aux options d'école disponibles.

'Bénéfices innombrables'

L'école à domicile est encadrée différemment par les Etats mais, en général, sans réelle supervision.

Moins de la moitié des cinquante Etats requiert une évaluation des élèves, selon le site ProPublica. Environ un tiers n'impose pas de matières à enseigner et la plupart ne disposent pas de moyens pour vérifier que les parents s'y soumettent.

Des critiques craignent des lacunes dans l'apprentissage des enfants, voire qu'ils subissent des maltraitances.

"Il y a une responsabilité sociétale envers tous les enfants. Je ne pense pas que cela écarte l'école à domicile des options, mais je pense que nous avons une responsabilité de nous assurer que les parents font bien les choses pour leurs enfants", a commenté Christopher Lubienski, spécialiste des politiques éducatives à l'université d'Indiana, se disant "inquiet" de la dérégulation.

Betsy DeVos s'est attirée les foudres de certains pour sa défense du choix dans l'éducation, prévoyant même de verser des fonds fédéraux à des familles quittant l'école publique.

Actuellement, le gouvernement n'aide pas financièrement la scolarité à domicile et aucun projet en ce sens n'est à l'étude pour l'heure.

Kristin Yashko, 47 ans, fréquente le programme Compass avec ses trois enfants. Le reste de la semaine, elle est leur professeur.

"Les bénéfices sont innombrables", affirme cette ancienne orthophoniste du public. "J'ai pensé tout simplement que nous pourrions leur faire vivre une meilleure expérience".

Aldrin, sa fille de 13 ans, estime qu'elle "ne se serait pas autant épanouie" dans une école traditionnelle.

Un livre de nouvelles à la main, l'adolescente qualifie sa journée typique d'"assez cool". Elle fait des maths, lit le journal, étudie plusieurs langues étrangères et, parfois, regarde un documentaire.

'Petit groupe privilégié'

Elle prévoit d'aller à l'université car "être un peu confrontée à une structure scolaire pourrait être bien".

Sa mère se montre confiante concernant les perspectives universitaires de ses enfants. "Les universités cherchent plutôt des enfants qui sortent des sentiers battus", relève-t-elle, souhaitant que ses enfants "soient vraiment prêts pour le monde du travail".

Comme toutes les familles, celles faisant le choix de l'enseignement à domicile paient des impôts pour financer l'école publique. Une pomme de discorde pour certains.

Pas pour Mme Yashko, qui se dit "heureuse d'apporter sa contribution" parce que "nous voulons une population éduquée". "Je ne pense pas que l'école à la maison convienne à tout le monde".

Un avis partagé par Emily Bradley, qui a abandonné une carrière juridique pour enseigner à ses enfants: "Je reconnais que nous faisons probablement partie d'un petit groupe de gens privilégiés".

La grande majorité sont encore des familles blanches mais ces dernières années, le nombre de familles noires a bondi.

Emily Bradley l'avoue volontiers, déscolariser ses enfants n'oeuvre pas à améliorer l'école publique.

Mais "je ne pense pas qu'il soit correct pour quiconque, y compris pour le gouvernement, de demander aux familles de sacrifier ce qu'elles pensent être mieux pour leurs enfants afin d'améliorer un système défaillant".

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