UE: la réélection de Tusk empoisonne un sommet à Bruxelles

UE: la réélection de Tusk empoisonne un sommet à Bruxelles

Le président du Conseil européen Donald Tusk, le 8 mars 2017 à Bruxelles

Le

Varsovie a promis jeudi de "tout faire" pour empêcher la réélection du polonais Donald Tusk à la tête du Conseil européen, menaçant d'empoisonner un sommet à Bruxelles censé promouvoir l'unité de l'UE après le Brexit.

"Nous informerons nos partenaires que tout le sommet sera menacé si on force (les participants, ndlr) à voter", a mis en garde le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, à quelques heures du début de cette réunion de deux jours.

La chancelière allemande Angela Merkel a de son côté réitéré jeudi depuis Berlin son soutien à une réélection de M. Tusk, y voyant "un signe de stabilité pour l'ensemble de l'UE".

La détermination de Varsovie risque de perturber un peu plus des débats sur l'avenir de l'Europe à 27, programmés pour vendredi sans le Royaume-Uni, et qui se focalisent pour l'heure sur le concept clivant d'Europe à "plusieurs vitesses".

La reconduction de Donald Tusk est le premier sujet qu'ont prévu d'aborder, jeudi après-midi, les dirigeants des pays de l'UE.

L'ancien Premier ministre libéral polonais occupe depuis fin 2014 la présidence de cette institution européenne, dont le rôle est de coordonner les sommets réguliers réunissant les chefs d'Etat ou de gouvernement pour fixer les priorités politiques de l'UE.

Il dispose d'un large soutien, mais, de manière inédite, il est contesté par son propre pays, qui a proposé un candidat concurrent, l'eurodéputé Jacek Saryusz-Wolski.

'Impartial et neutre'

"Nous ferons tout pour que le vote n'ait pas lieu aujourd'hui", a promis M.Waszczykowski, promettant de ne pas signer les conclusions du sommet si la demande de Varsovie n'était pas entendue.

M. Tusk a "brutalement violé" la règle de "neutralité politique" nécessaire à son poste, l'a accusé la Première ministre polonaise Beata Szydlo, dans une lettre adressée mercredi à ses homologues européens.

Elle lui reproche de s'être "personnellement impliqué" dans la vie politique de son pays, où certaines réformes menées par le pouvoir, aux mains désormais du parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), ont été critiquées par Bruxelles comme des atteintes à l'Etat de droit.

"Je suis impartial et politiquement neutre", s'est défendu mercredi M. Tusk, se disant "prêt pour le jugement".

Un diplomate d'un pays européen a déploré la "volonté d'exporter un problème interne" de Varsovie, qui ne se prévaut pour l'heure que du soutien de la Hongrie de Viktor Orban.

L'opposition de Varsovie à M. Tusk ne bloque pas sa candidature. "Il y a un soutien écrasant" pour lui, a affirmé mercredi un responsable gouvernemental allemand, alors qu'il faudrait en cas de vote réunir une majorité qualifiée de 21 pays favorables au moins (représentant 65% de la population de l'UE).

Même le Premier ministre slovaque Robert Fico, dont le pays a souvent fait front commun avec la Pologne et les autres pays du groupe de Visegrad (République tchèque et Hongrie) contre Bruxelles, a apporté son soutien à M. Tusk, craignant qu'un candidat alternatif ne soit pas originaire d'un pays de l'Est.

'Désintégration'

Après le dossier Tusk, les 28 ont prévu d'échanger jeudi sur la politique commerciale de l'UE, la crise migratoire et leurs chantiers en matière de défense. Ils doivent également discuter de la situation dans les Balkans occidentaux, où ils s'inquiètent de la montée des tensions et de la dégradation de la situation politique.

Vendredi, sans Theresa May, ils consacreront une matinée à la préparation de la "Déclaration de Rome", qu'ils prévoient de publier pour les 60 ans du traité fondateur de l'UE, qui seront célébrés à Rome le 25 mars.

Ce texte solennel doit montrer que l'UE restera unie après le Brexit. Mais c'est l'idée d'un futur à "plusieurs vitesses" pour l'Europe qui cristallise les débats, avec le soutien fort de Paris et Berlin, désireux notamment de pouvoir renforcer la défense européenne sans être bloqués par des pays récalcitrants.

D'autres pays s'inquiètent cependant de devenir des membres de seconde zone de l'Union, comme ceux du groupe de Visegrad, qui se sont notamment illustrés ces derniers mois par leur vive hostilité à la politique migratoire de l'UE.

"Il faut être prudent, si on va trop loin, on pourrait finir par une désintégration", a mis en garde un diplomate de l'un de ces pays.

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